vendredi, juillet 15, 2005

Pôle Normand La Paix

Madame Moufida Goucha: Ce qu'est l'UNESCO, et quel est son programme. C'est une belle ambassadrice que l'on nous a envoyé.

Monsieur Philippe Ratte Le concept à l'origine de l'Unesco
Que les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défences de la paix
La clé pour la paix, lutter contre l'ignorance et les préjugés

Défilé à Caen

Il fait très chaud, la ville est désertée probablement pour la plage. Peu de gens derrière les cordons de police. La tribune des officiels est en bordure de l'hippodrome, Place Foch. Vingt minutes avant 18h tout est en place. Hormis les corneilles et un petit garçon qui tambourine contre la barrière en fer en poussant des cris stridents, le silence. Je suis surprise de ce calme, aucun débordement, une sérénité de ville de province, je me suis dit. Et d'un coup, je me suis souvenue que Caen a été la ville martyre durant la dernière guerre.

jeudi, juillet 14, 2005

Université Européenne de la Paix Pôle Normand

J'y suis, j'y reste!
Monsieur Francis Besnard,professeur honoraire de l'Université, Docteur en écologie.
Les déséquilibres écologiques menacent-ils la Paix?
L'écologie c'est la science du garde manger- Mayas disparus, manque d'eau et déforestation. Il faut 15K d'air respiré par homme et par jour.Vie basée sur l'équilibre ( 20 hormones). Stress: débacle hormonale. Seul le soleil est prometteur d'une énergie à maitriser. Peu d'eau douce disponible. 50x100 m besoin de terrain personnel ( terrain de foot).Un américain = deux européens.Paix: pas encore de guerre ou venant de sortir de guerre. L'eau, conflit latent. En 225 il y aura une butée Sans eau, migrations. La consommation d'eau augmentent deux fois plus que la croissance.Je n'ai pas cité les pourcentages que le professeur nous a donné. Il a terminé par: Le sage, c'est celui qui sait!
Entre les cours je foule l'herbe séchée et odorante du campus 1 pour descendre en ville. Les étudiants préfèrent Rouen pour l'architecture mais vivent mieux dans ce campus de Caen si pratique d'accès. En dix minutes nous dévalons les pentes bordées d'arbres pour traverser la cour du château où il y a le musée. J'étais tombée amoureuse de son conservateur tant il chérissait ses tableaux impréssionnistes.

mercredi, juillet 13, 2005

Le Pôle Normand Ecrivains

Un délicieux déjeuner d'adieu sous des parasols dans une des plus vieilles rue de Caen à "La Fringale". Le Pôl Normand fait bien les choses jusqu'au bout, tout a été cadeau durant ce stage. J'espère qu'il vont trouver d'autres sujets afin que je refasse le circuit.J'ai vu une jeune fille russe essuyer une larme, je n'aime pas les adieux, je me suis enfoncée dans la ville sans dire au-revoir. J'ai trouvé mon Vasarelly un recoin dans le restaurant U ou deux vitres se font face et refletent l'ombre des arbres sur un immeuble en béton et sur le ciel, cela bouge au gré du vent, et malgré le soleil il y en a. Et puis il y a les tennis, dès le petit déjeuner des jeunes gens se battent, et puis le stade où courent les jogueurs, et vers le soir, des basketeurs presque tous noirs mettent la balle dans le panier par-dessus leurs coéquipiers. C'est très sain de regarder cette belle jeunesse, sauf que la nuit, je ne rêve que de mes vieux fantômes frustrants comme de leur vivant.

mardi, juillet 12, 2005

bibliothèque de Caen

Nous avons pu toucher et lire les lettres de Barbey d'Aurevilly, quelle élégance dans la caligraphie. Puis nous sommes allés dans une librairie qui vend des livres d'occasion et sert du thé pendant qu'on les feuillette. De façon à me reposer, je reste seule durant les entractes de ce programme. Bagnauder dans une ville inconnue est du mystère, de toutes ces existences qui circulent d'un magasin l'autre. Je regarde comme si j'étais chez les martiens, m'étonnant que les filles fussent à la mode. Toujours, l'on a envie de vivre ce que l'on suppose que l'autre vit. Derrière les fenêtres de chaque ravissante maison, j'imagine le bonheur, et me sens plus triste d'être sur le trottoir. Je comprends ceux qui ne sortent pas, ils ne sont pas confrontés à une rivalité quelconque, la télé est la meilleure des théraphies pour applanir toutes nos ambitions, nos rêves.

lundi, juillet 11, 2005

Le journal d'une femme de chambre (Bunuel-Mirbeau)

La première fois que j'ai vu le film, ces tableaux de la bourgeoisie française ne m'ont pas interessée. Aujourd'hui j'ai apprécié la qualité du film, l'interprétation, la photo, j'ai regardé cela comme des eaux fortes, très cruelles, mais chaque personnage, chaque scène n'en demeure pas moins un cliché. Evidemment, il y a le charme et la sensualité de Jeanne Moreau.

dimanche, juillet 10, 2005

Mémorial de Caen- Plages du débarquement

Il faut voyager avec des étrangers pour voir des sites qui sont à portée de main. Impossible de ne pas verser une larme sur ces si jeunes soldats massacrés dès qu'ils ont mis le pied sur la plage, et la population sous un déluge de feu, ne sachant où s'abriter.
il y a des touristes pour descendre dans les cratères afin de s'y faire photographier!

Un jeune couple à la côte d'amour, Marie ne comprend pas un mot de français mais elle a des yeux étrangement troublants, Denis, professe notre langue dans l'Université linguistique de Nilni-Novgorod. Une ravissante blonde si menue qu'elle à l'air d'une gamine est également prof dans une autre université de la même ville. Elle est déjà si péremptoire que je m'inquiète.
Encore une journée pleine d'émotion, de beauté, nous avons vu la mer, les fameuses plages, et un soleil à 18h.

samedi, juillet 09, 2005

Caen

Dimanche 3 juillet. Une chambre seule, quel luxe! Une étiquette sur les conteners poubelles: Tri de Caen Se laisser trimballer des heures en car, rêvasser sur le paysage sans s'occuper de la géographie, On part de Caen pour arriver à....point.Les jeunes qui font la fête la nuit dorment dans le coin salon du car. Et à chaque fois un nouveau professeur es... quelque chose, plus gâtée tu meurs! Les russes sont très flattés d'être reçus par le Maire ou tout autre personnalité du pays. Hier c'était une comtesse, aujourd'hui un comte, sans compter les conservateurs de musées qui nous montrent leur collections comme si c'étaient des trésors de guerre.

vendredi, juillet 08, 2005

Rouen: l'important c'est l'étude.

Les spécialistes de Gustave Flaubert et de Guy de Maupassant se succèdent, ils ont chacun leur petite chanson. Ce qui m'émeut c'est de les entendre entre eux s'interroger afin de s'informer. Ils assistent aux scéances les uns des autres, c'est de la formation continue, cela nous conforte dans l'intérêt de leurs interventions.
J'ai compris que dans un cours magistral où l'enseignant ne fait que relire ses notes, on s'ennuie. Quand il parle et s'anime, on peut espérer le dialogue.

J'ai rêvé de Stern: j'étais au-dessus de lui et le laissais jouir, trop contente qu'il se sente à nouveau capable de copuler. Cela se passait par terre, ses amis nous entouraient, j'étais juste gênée devant eux que Stern ne fasse pas plus cas de moi: amour propre, frustration, vas t'en savoir!

Je partage dans le campus un appartement avec un jeune Tchèque aux yeux dilatés. Il ne peut me dire quand il rentre, il n'y a qu'une seule clé. Je lui dis: Je ne veux pas laisser la porte ouverte la nuit, et je ne veux pas que tu me réveille en tapant à la porte à n'importe quelle heure de la nuit!- Je comprends, je dors chez des amis! dit-il gentiment Ainsi j'ai gardé l'unique clé et j'ai très bien dormi.

Tout est cadeau dans cette équipée:la modicité de notre participation,l'organisation sans faille, la gentillesse de ceux qui nous encadrent, leur passion pour les sujets dont ils discutent.
Dès qu'il y a histoire, il y a vie. Je me demande s'il vaut mieux s'interesser à l'individu en premier, ou aborder d'abord son oeuvre. Je n'ai rien lu de ce dont on parle, je gobe tout de ce qui est dit à propos des créateurs. J'en suis heureuse comme une gamine. C'est une vie de rêve que d'être étudiant! - Sauf qu'ils ne trouve pas forcément d'emploi à la fin de ses études! m'explique le prof de latin:De mon temps, nous n'avions pas tout ce luxe, mais à la sortie , un travail assuré! Je la heurte avec ma négligence à faire des devoirs, elle me pompe avec sa science à tous propos. Ce n'est pas une aventure puisque vous suivez le troupeau sans savoir! - C'est une aventure de ne pas s'inquiéter où va le troupeau! L'émotion bourgeonne sur ma fesse. Flaubert est mort de la syphilis. Dans ce temps là on ne connaissait pas cette maladie, les furoncles, la folie, les douleurs articulaires en étaient les signes dont les médecins ne venaient pas à bout. Est-ce ces maux, ou les mots cassants que j'entends quant à ma conduite, ou le plaisir que deux conférencières aient pris la peine de lire quelques pages de mes écrits: lors d'une pause à Trouville, pendant qu'ils visitaient la pharmacie de Flaubert, j'ai rencontré au Monoprix un journaliste: Je viens de voir dans le journal que vous avez sorti un nouveau livre, j'aimerais l'acheter! - Venez au car! Je l'ai présenté aux autres, il a raconté qu'une pièce de lui se jouait au Château d'Aguesseau, c'est un montage sur la correspondance Sand-Chopin et Sand-Flaubert, nous étions en plein sujet.Au déjeuner, j'avais raconté quelques coincidences, c'était la preuve par dix. Toutes ces interférences bonnes ou mauvaises me tournent les sangs.

mardi, juillet 05, 2005

La crise de nerf

Dimanche, pas de communication pour Rouen, sauf tard, comment arriver à 10h du soir dans une ville étrangère, puis rechercher un campus qui est en soi une ville étrangère.
Je tente le stop , une mémère à chien-chien engueule son toutou: Ne m'énerves pas! Il fait chaud pour tout le monde! Et puis tu viens de boire!
Autant aller me coucher, puisque personne ne s'arrête, pire, devant mon pouce levé, des jeunes gens en voiture mettent leurs pouces vers le bas, comme César qui condamnait ses gladiateurs.
Une connaissance venait de me dire: Votre vie est interessante, mais vous le savez bien que vous n'êtes pas un écrivain!

Coup de grâce aujourd'hui avec les conférenciers qui expliquent tous les critères qui permettent de juger s'il y a oeuvre littéraire ou pas, j'étais au bord de la crise de nerfs. Je resterai auditeur libre, sans participer aux exercices de style qu'ils demandent aux charmants jeunes stagiaires venus de Russie, de la Tchécoslovaquie, et de la Norvège lesquels s'y prêtent de bonne grâce.
Maintenant je comprends mieux comment j'ai pû être décortiquée avec pertes et fracas par les instits en retraite de Deauville.

En rencontrant sempiternellement des femmes pour bavarder, leurs mots véloces qui étourdissent, les empêchant de tomber, j'imagine nos ventres béants faisant un énorme cratère de cendres, et ce trou m'envoie au fond fin de mon lit totalement vidée de douceur.

mercredi, juin 29, 2005

Le Fil à la Patte Georges Feydeau- Francis Perrin

Marie-Ange Nardi est une véritable révélation: sa beauté, son tempérament fougeux lui ouvre une carrière de comédienne et de tragédienne. Tous les rôles, petits et grands ont été parfaitement distribués. La silhouette de Pivot, furtive, drôle et inquiétante ressemble à du Hitchcock. Il me semblait bien qu'Olivier Minne avait plus d'un tour dans son sac que de présenter seulement des jeux télévisuels.

mardi, juin 28, 2005

Universités Européennes d'été 2005

Pôle universitaire normand Campus côte de Nacre BP 5084 14078 Caen cedex 5 France




En 2003 j'avais participé aux stages sur les impressionnistes et sur le Moyen-âge en Normandie, j'ai été ravie. N'étant pas universitaire, j'ai bien mis trois jours à trouver la vitesse de croisière tellement l'enseignement est pointu, mais se nourrir ainsi m'a sauvée de la déprime dûe à la canicule. Tout était parfait, l'accueil, les déplacements en car pour visiter les sites, la compétence des intervenants, si bien que je récidive cette année: plutôt embarquer avec cette équipage que mourir sur la plage.

corbeaux

vendredi, juin 24, 2005

La canicule

Durant vingt-ans, je n'ai pas souffert de la chaleur, exilée au Club Med dès le premier soleil. Cette nuit, ma soeur m'a rendue visite, je lui ai proposée un lit dans une maison d'amis, mais elle partait dans le sud de la France avec l'une de ses amies N.L.. toutes deux invitées par le Club. Son amie me disait: Tu n'as qu'à venir aussi!- La chef de village est fâchée avec moi!- Dans deux jours ce n'est plus elle, la chef!
Cela fait deux ans que ma soeur, est partie avec les 15.000 victimes de la canicule. Je me suis mise à la clime.

L'Enfant Roi. (Les Mules) Envoyé spécial) France 2

Emission sur les passeurs de drogue, les mules. Un jeune homme, dont la mère est emprisonnée à Bogota:
" Ce n'est pas mal, ce qu'elle a fait, puisque c'était pour nourrir ses enfants!
- Est-ce que vous êtes triste de la savoir enfermée pour quatre ans?
- Non! Elle sourit dans l'interview, les conditions d'incarcération doivent être acceptable!
Et la mère dit: Si cela va bien au-dehors, ça va bien pour moi!
J'ai déjà entendu ce son de cloche d'enfant qui trouve normal que sa mère s'étripe, vole, mente, pour assurer le confort de son petit. Victor Hugo nous a si bien décrit la déchéance de Fantine pour nourrir Cosette.
André Delvaux, dans son film: Un soir un train, montre un homme qui ne sait que faire de la pomme ridée que lui offre sa vieille mère dans une maison de retraite, à peine sorti il jette le fruit dans un fossé.

mercredi, juin 22, 2005

Le réchauffement

Après m'être réchauffée tout l'hiver, voilà t-il pas que l'on me demande de danser, maintenant! Dans mon grenier, je ne bouge pas d'une once de peur de transpirer. Le sol des studios de danse glisse de l'eau des danseurs. La vie vous prend par là où on ne veut pas: se faire suer...

J'ai laissé quelques gouttes dans mon habitat à rechercher des compultions en CD de diverses prestations cinématographiques, que dalle, une personne indélicate y avait jeté son dévolu. Mais non! Je suis comme un chien qui a caché ses os et ne les retrouve pas!
Pollution mon beau souci, le cerveau est déjà ramolli par la chaleur et nous voilà condamnés par les autos et les climatisateurs, je ne cesse bien sùr de penser à ma soeur, comment aurait-on pù la protéger d'elle même, elle qui ne voulait même pas descendre sous un arbre
Sarkozy lui même s'échauffe avec les juges.

mardi, juin 21, 2005

Ma voisine

Après des retrouvailles surprises avec celle qui s'était exilée dans le Midi durant dix ans, nous nous sommes racontées durant une heure, puis le silence.

Ma voisine, la modicité de notre retraite nous rapproche, me donne les bons plans: concert gratuit ce soir à la Mairie de Trouville par l'Ecole de Musique Claude Bolling avec les classes de chant et de piano, ils ont mis la barre haute: J.S. Bach, Chopin, Schumann, G.F. Haendel. Cela fait du bien d'écouter autre chose que de la soupe, et les interprêtes y mettent du coeur.

J'ai dù reprendre le train pour passer une audition, à mon âge, bien qu'il s'agisse justement d'un rôle de personne âgée. Mais le fait d'avoir à lever le pied me rajeunit.

lundi, juin 20, 2005

Librairie du Marché Deauville - Emannuelle Bataille- Alphonse Allais-Grégoire

La parano m'a fait songer à passer au commissairiat pour déposer une main courante.J'imaginais les corbeaux d'il y a deux ans me tomber en vrille durant la signature faite à la librairie au moment du marché. Je n'en ai rien fait heureusement, j'aurais été couverte des plumes du ridicule. Nous avons causé avec la charmante libraire, elle m'a offert un verre de lait et nous avons vendu cinq livres, qui dit mieux! Le marché c'est comme une scène de théâtre, il y a l'avant et l'après, j'avais l'oeil sur les coulisses, nos vieilles maraîchères débarquant et rembarquant les cageots à n'en plus finir, les mollets abimés par les bottes qu'elles utilisent aux champs. C'est un monde très courageux que ces lèves-tôt par tous les temps, s'ils sont un peu rogues on peut le comprendre surtout avec le marchandage des touristes. Et le ballet des nettoyeurs de la ville qui aspirent et douchent le moindre noyau de cerise, je ne me suis pas ennuyée devant mes piles de bouquins que peu de gens s'attardaient à regarder...J'ai beau être gâtée par la presse locale, le lectorat ne suit pas.

Pendant ce temps là, Emmanuelle Bataille était intrônisée dans la très sérieuse Académie Alphonse Allais en compagnie de Grégoire qui a eu le prix Alphonse Allais pour ses aphorismes chez l'éditeur Tchou.