vendredi, mai 18, 2007

Le coma

Tout devient minéral en moi: le corps, la tête, je ne sais si je suis comme une pierre creuse, sans pensées, sans sens, ou bien si tout est tellement durci, comme du plomb, que rien ne pénètre. Depuis le temps, je n'ai pas encore compris le système de cet état comateux. Il est une chose sure, c'est que dans cet instant de vide il y a déconnections des centres nerveux puisque sans faiblesse organique, d'un coup mes pieds se dérobent sous moi et je tombe comme une masse, sans réflexe aucun pour me retenir, sans crispation non plus, puisque décontractée je ne me fais jamais aucun mal. C'est un fait qui me paraît étrange qu'une douleur, un chagrin psychique puisse être d'une telle intensité à vitrifier un être humain sans qu'aucun organe, coeur, foie, rate, viscères, ne soient impliqués, et somme toute demeurent en parfaite santé...Sauf le manque d'appétit à vivre, à remettre un pied devant l'autre, à être séduit, si ce n'est à être dénoué par l'objet même de son malheur. Alors, l'idée du suicide est trop embryonnaire dans un cerveau où je ne peux juxtaposer une pensée sur l'autre, pour réfléchir à une exécution possible...Ainsi le temps passe...Quelques minutes...quelques heures...ou quelques jours...jusqu'au hasard d'un coup de fil, d'une rencontre qui me fasse bouger, m'égaie à ne pas attrister autrui, ce qui fait dire que je suis drôle à raconter mes malheurs : Les malheurs d'une bécassine moderne! dit Nathan. C'est un endormissement qui n'implique aucune rage, aucune rancoeur, aucune violence contre autrui, aucun besoin, aucune exigence, puisque telle une plante je demeure minéralement en vie. C'est ainsi que je rêve la folie: être pétrifiée comme le héros de "L'Homme au Crâne Rasé" d'André Delvaux. Le plus beau plan fait sur "la folie" au cinéma: un homme qui croit avoir tué son amour, soit pour oublier le meurtre, soit pour ne pas oublier son amour, il s'endort doucement dans un gros plan séquence qui dure des minutes...

J'ai retrouvé mon enfance!

En perdant ma jeunesse j'ai retrouvé mon enfance! Cette phrase m'est rapportée par Jacques Baratier lors du vernissage chez Pierre de Chevilly. Il faut que je lui redemande de qui est cette phrase. Je me rends compte, dans ces soirées parisiennes, qu'il y a très peu de gens qui font passer la sauce: Baratier est l'un d'entre eux, mais le champion, celui qui trouve des gags à jet continu, avec qui l'on peut rire tant et plus tellement il a des fulgurances de génie, c'est Roland Topor. Il faut dire que je ne le rencontre pas tous les soirs. Il vient d'arriver un truc très étrange: Je lui parle de son père dont je viens d'apprendre le décès par une tierce personne. Oui! Les gens l'aimaient beaucoup! Je vais essayer de faire une expo avec ses peintures! Je ne sais si c'est l'émotion, mais dès ce moment, et pour la première fois depuis que je le connais me semble-t-il, Roland a prit un accent yddish Europe Centrale pour s'adresser à moi. Cela ne l'a pas quitté de la soirée. Jamais je n'avais su qu'il avait cet accent. On aurait dit qu'à son corps défendant il était investi par le parler de son père. Nous étions nombreux au bistrot, puis cinq au restaurant, il m'y avait invitée. Ses amis et sa compagne lui faisaient vis à vis, nous deux côte à côte, et chaque fois qu'il s'adressait à moi, sa bouche se déformait par le phrasé un peu douloureux spécifique des juifs d'Europe Centrale. Schwarzenberg, Elie Wiesel ont ce type de rictus assez pénible à regarder: La douleur du monde qu'ils portent sur leur visage. Roland qui rit comme un fou, avait aussi cette distorsion pour dire des choses graves sans y mettre d'importance. Vraiment, c'était très étrange de l'écouter cet amour qui lui sortait de la bouche quand il racontait le disparu. Est-ce le petit enfant qui ressortait par la juiverie d'un dialogue entre lui et le père qui venait de le quitter? (octobre 92)

jeudi, mai 17, 2007

La parité (Walter Lewino)

L'ANTI-PARITE

L'égalité des hommes et des femmes? Une plaisanterie. Egaux en quoi?

Leur grandeur a toujours étaient d'être complémentaires.

Et la complémentarité suppose obligatoirement une différence. La vieille
histoire du tenon et de la mortaise, du pouce et de l'index, du proton et du
neutron, de la pluie et du soleil... Seraient-ils égaux au lieu d'être
complémentaires que tout se casserait la gueule.

Fort de ces évidences, de ces clichés diront certains, on se demande quel
est l'intérêt de la parité en politique.

Une solution parmi d'autres:

Une Chambres des députés uniquement composé d'hommes élus uniquement par des
hommes...
... et un Sénat uniquement composé de femmes élues uniquement par des femmes
Il s'agirait bien évidemment d'un vrai Sénat aux pouvoirs identiques à ceux
de la Chambre

Le bon couple fonctionne de cette manière. L'homme roule des mécaniques, la
femme met de l'huile dans les rouages. Il pose les problèmes, elle suggère
les solutions. En un mot il commande et elle décide.

Bien sûr j'utopise

Walter Lewino

dimanche, mai 13, 2007

A l'eau! .A l'eau!...

Avec la pénurie annoncée de l'eau, chacun demande à l'autre: Tu prends des bains ou des douches? Un jour de Noël, une belle maman qui me recevait pour la première fois chez elle: "Qu'est-ce qui vous ferait plaisir comme cadeau? - Un bain!"
Au jour de l'An: "Alors! Quoi comme cadeau? - Un bain! - Mais mon petit, vous avez déjà pris un bain la semaine dernière!"

L'âme adore nager ( Henri Michaux)

La nouvelle revue moderne est arrivée!.....Demandez la nouvelle revue moderne!..

jeudi, mai 10, 2007

Mairie du 3ème

Michel Chaudanson, après nous avoir projeté le truculent film The Decameron (Pier Paolo Pasolini-1971) il nous a présenté Stéphane Mazurier lequel nous a rafraîchi la mémoire sur les aléas et les succès de Hara Kiri. Delfeil de Thon a eu la gentillesse de l'écouter en souriant.
Evidemment il a été question de la fameuse fête pour la fin d'Hara Kiri dans une émission de Michel Polac et du tollé de la presse qui s'ensuivit. J'avais écrit mon petit mot d'humeur:
Samedi 2 janvier à Trouville. L'humour n'est pas roi à "Droit de Réponse" si l'on veut parler de la politesse la plus élémentaire: Suffert l'ennuyeux a du bien rigoler de vous voir tous aussi chiants. Une galerie monstrueuse d'intellos-éthiliques, j'en ai le coeur qui bat de honte devant cette agitation déliquescente d'anarchistes célèbres.
Ma copine était tout aussi hystérique pour contester l'émission, m'empêchant de l'écouter. Si cette contagion a gagné tous les foyers, on peut dire que vous avez crevé l'écran. Gainsbourg ponctuant les discours par des "pouette! Pouette!" de son ballon de baudruche. Sternberg noyé par l'alcool agitait ses mains en l'air pour s'accrocher à du solide...
Deux heures avant, aux actualités télé, un reportage sur les clochards ivrognes de Nanterre. Leurs regards et leurs propos étaient empreints de dignité, se réclamant de la seule liberté, ils n'avaient pas le fâchisme d'empêcher leur voisin de s'exprimer. En fait d'empoignade, la seule qui ait relevé le gant, attendant avec classe qu'on l'interroge pour les "cinq dernières minutes", et avec humour, ce fût Valérie Mairesse.
Jeudi prochain, c'est Rika Zaraï qui chantera pour nous.

mercredi, mai 09, 2007

L'humeur noire

Ce n'est pas impunément que l'on flirte avec des humoristes noirs, sans avoir une intimité certaine avec la mort. Ils ont beau faire rire, la folie, le suicide, ne sont pas rares dans le rang des dames qui les bassinent avec l'une ou l'autre de ces afflictions..

mardi, mai 08, 2007

La mère

Deux nuits consécutives j'ai rêvé de ma mère morte: j'avais dormi dans son lit, je voulais être aimable, peut-être la caresser, mais j'eus le sentiment que la vieille femme était enceinte: "Trois- quatre mois?- Ça va bientôt se voir!" Par la fenêtre j'aperçois des branches qui s'agitent, nous sommes dans le haut d'une colline, les branches oscillent de plus en plus, elles sont énormes, autour les pins ne bougent pas, il n'y a pas de vent, puis plus rien. Je dis à ma mère: "On vient de voler un arbre" Oh! On vole de tout par ici!" Ma soeur sort de la cuisine où elle a du dormir. Il manque un petit évier en coin dans la pièce principale. Ils n'ont pas le replacer après avoir refait la peinture! dit-elle, indifférente. J'ai l'impression qu'elles vont déménager, dans du plus grand, peut-être à cause du bébé à naître.
Nous sommes au Club Med en train de chercher au réfectoire de quoi prendre un petit-déjeuner: Je t'attends au village pour faire des courses! me dit ma mère. Je prends le train et descend en même temps qu'un blondinet moniteur de ski qui est accompagné d'une jeune fille. Personne à la station, je dois descendre plus bas. Je marche sur un remblai à gauche des rails. Mes chaussures sont ferrées, je glisse avec aisance comme sur des patins dans les anfractuosités du petit chemin. Arrive un pont au dessus d'un gouffre. Je dois passer à l'extérieur pour ne pas risquer me faire faucher par une rame dans cet étranglement. En me collant fortement à la paroi, une pierre se détache, je la garde à la main de peur qu'en la lâchant je ne sois emportée par son poids dans les eaux tourbillonnantes. Je fais avancer cette masse tout en adhérant au mieux à ce qui reste du pont. Arrivée sur le talus, je laisse tomber la pierre. La pente est de plus en plus raide, je suis toujours les rails, aucune station en vue. Je finis par me retrouver à plat ventre, mon vieux manteau de loup me protège du froid et de la boue. Les rails disparaissent sous l'eau, les poils de la bête me permettent de glisser comme sur un traîneau qui va si vite que je ne puis interroger les rares passants qui remontent la pente de ces villages déserts, toujours aucune station en vue. Je finis par atterrir sur une grève où des flonflons d'une fête résonnent pour des embarcations à quai.. Si je ne retrouve pas ma mère, il me faudra rebrousser chemin, aurai-je la force de remonter cette colline? Cela me réveille.

Ma cure "au vert" a fait effet dans l'instant où je la pratiquais, le nervosisme parisien est revenu aussi sec avec les informations courantes.

lalalala (Jérôme Reybaud)


La surprise de mars 2007



Tandis qu'Olivia Ruiz, Grand Corps Malade et Bénabar, reçoivent chacun sur la scène du Zénith une Victoire de la musique devant des millions de téléspectateurs, tout un réseau souterrain d'interprètes et d'auteurs superbement ignorés s'organise dans l'espace virtuel de l'Internet, plus particulièrement dans la galaxie MySpace, qui ressemble un peu plus chaque jour à un refuge, un abri, un maquis même, où les recalés d'Universal et de SonyBMG, ou ceux qui n'ont même jamais songé à envoyer leurs oeuvres au moindre label, ou encore ceux qui se produisent eux-mêmes, se rencontrent et parfois s'associent, par affinités. Certes le pire côtoie le meilleur ; les pages préformatées imposées par MySpace sont laides et peu pratiques ; les usages sont rudimentaires (tutoiement, anglicismes etc) ; la qualité des photographies et des fichiers audio est souvent exécrable... mais des fils malgré tout se tissent, se lient, se nouent, au gré des connexions et selon le principe élémentaire dont Eric Rohmer a jadis fait un film : les amis de mes amis sont mes amis, et ainsi de suite, jusqu'aux rencontres les plus improbables, et parfois jusqu'aux découvertes les plus touchantes, auxquelles il arrive de se matérialiser. Marie France, qui voulut en avoir le coeur net lors d'un concert récent à Paris, interrogea d'ailleurs son public, et put constater que plusieurs spectateurs étaient des "amis" de MySpace... Voilà comment l'on tisse sa toile aujourd'hui, voilà comment l'on peut parvenir à toucher les dix, cent, mille, dix mille personnes qu'une conjonction de hasards extraordinaire a rendus réceptives à vos textes, vos inflexions, vos soupirs, vos silences... Voilà comment l'on envoie des bouteilles à la mer en 2007, et voilà comment elles tombent dans de bonnes mains, le cas échéant. Voilà comment, enfin, l'un des auteurs les plus secrets, les plus profonds et les plus émouvants - Marie Möör - peut, sans label, sans contrat, sans soutien d'aucune sorte, du moins en son nom propre (1), illuminer vos nuits - votre Nuit - de ses textes, des ses images et de ses titres, qu'elle publie dans l'immensité virtuelle pour rien, c'est-à-dire très précisément pour vous, qui savez l'entendre, et qui l'avez découverte parce qu'un ami vous a présenté un ami qui etc. Le principe des constellations secrètes remplacera-t-il la logique de l'affichage et de la "communication de masse" ? Preuve de sa force et de son adéquation avec une certaine chanson française, Jacques Duvall et Elisa Point lui ont déjà consacré une ligne (amusée) dans une chanson uniquement disponible pour l'instant sur... MySpace : "Est-ce que tu seras jalouse de mes amis sur MySpace ? / Nul ne sait / Nul ne sait ce qui nous attend..."

(1) Car le groupe nommé Rose et Noire que forme Marie Möör avec Laurent Chambert, a bien, lui, un label (Discordian), et c'est heureux. Vous pouvez d'ailleurs écouter des titres de Rose et Noire... sur leur page MySpace.

lundi, mai 07, 2007

Dimanche à Paris

J'ai toujours aimé Le Centre Pompidou, ne serait-ce parce qu'en s'élevant dans l'escalador, on voit les toits de Paris. Sur le Parvis, le théâtre de rue fait la fête, beaucoup de badeaux mêlés aux pigeons qui picorent les miettes. Sur le fronton :Si le monde était clair, l'art ne serait pas. (Albert Camus)
Et la piscine est gratuite pour ceux qui n'ont pas quitté la Capitale pour voter.

dimanche, mai 06, 2007

Jacques Sternberg par Phil Fax (extrait)

(Collage de Philippe Lemaire) nouvellerevuemoderne.free.fr/expocollages.htm -

Me voici en train de remuer des souvenirs et des livres. S'étalent devant moi
La Géométrie dans l'impossible, Mémoires provisoires, Vivre en survivant, le Dictionnaire des idées revues, Les Pensées et Profession : mortel, son testament littéraire. J'ai sur mes étagères son Topor, divers romans et recueils de nouvelles et de vieilles revues où sa patte s'est posée : Fiction, Bizarre, Plexus, Kitsch, Mépris… D'une boîte aux trésors où je conserve calendriers de pin-ups, pulps et revues obsolètes, je viens d'extraire le n°33 de mars 1954 de Photo-Monde. Sous la plume de Jean Gallian, ce mensuel destiné aux amateurs d'art photographique présente les photomontages d'un inconnu nommé Sternberg : "Qui est Jacques Sternberg ? Un peu journaliste, un peu écrivain, un rien dessinateur, quelques nuances de journalisme, un grand enthousiasme joyeux pour la désespérance et la neurasthénie, enfin un spécimen typique de la faune qui hante et a toujours hanté depuis deux mille ans, les jungles assez civilisées de la rive gauche de la Seine au flanc des coteaux de Sainte-Geneviève et du Mont-Parnasse. Un avenir improbable le mènera probablement en un entresol d'une rue tranquille d'Auteuil où il écrira des contes charmants pour la jeunesse, couronnés par diverses académies." A lire l'hommage posthume que lui a décerné le Ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, on pourrait penser que cette prédiction s'est réalisée : "Avec Jacques Sternberg, la littérature francophone perd l'un de ses représentants les plus singuliers, le créateur d'un univers déroutant…" Les maigres articles qui ont suivi son décès ne parviennent pourtant pas à cacher que Jacques Sternberg n'occupera jamais qu'un strapontin au panthéon de la République des Lettres. Il était tout à fait lucide sur ce point et donnait volontiers dans l'autodérision, comme dans cette notice qu'il rédigea pour le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes1: "Il serait sans doute téméraire de prétendre que Sternberg est un écrivain incomparable, mais on peut en revanche affirmer que son itinéraire d'auteur n'est guère comparable à celui de ses confrères et contemporains. Peut-être parce que ce camé d'écriture est resté durant toute sa vie le cancre qu'il fut à l'école qu'il haïssait, incapable d'engranger les connaissances, enfermé à double tour dans sa lucidité d'ignorant imaginatif. Qui a toujours préféré l'effort physique à la réflexion intellectuelle, la course aux filles à la vaine recherche d'une métaphysique et les dérives consolantes aux servitudes du grand cross-country de la réussite. Cela donna une vie assez agitée malgré son sur-place dans l'espace et la pensée, une suite de dérapages provoqués par une constante confusion mentale et le refus de toute responsabilité sociale, avec comme nerf moteur une véritable soif d'écrire à travers tout, en état second le plus souvent, envolée exacerbée qu'aucun refus ou échec n'arriva jamais à contrer."
C'est étrange à quel point des lecteurs peuvent être en osmose avec leur auteur de prédilection: intelligence, sensibilité, tout est dans leur chronique, au point de rendre jaloux des proches qui n'y avaient vu que du feu! ( ou presque)
http://nouvelle revue moderne.free.fr

Le cinéma

Christian Leciaguecahar est monté à Paris. J'avais le trac de rencontrer ce chroniqueur de cinéma
coindu cinéphage La vieille actrice face à un jeune critique! Nous avons marché dans Le Jardin du Luxembourg...Il m'a parlé de la merveilleuse Julie Christie toujours intemporelle. C'est parce qu'elle ne court pas après le temps! lui ai-je répondu.

jeudi, mai 03, 2007

A Benauge

J'imagine toujours gagner à la loterie alors que je ne joue pas. Un croisière ça c'est sur! Un grand studio vide avec des meubles à roulettes. Mais dans l'idéal, où ferait-il bon vivre? Il me suffit d'être invitée dans la campagne française pour avoir le coup de foudre. C'est une merveille quand les gens ont les moyens de leur bon goût. Un phrase entendue dans ma jeunesse, mon hôte me la balance aujourd'hui: Imbécile heureuse! J'ai une bouffée de douceur tendre. Un vrai plaisir que de suivre les ordres de ce vieil ami qui se veut ironique, cinglant: Maintenant tu débarrasses, tu fais la vaisselle, tu vas chercher l'échelle! J'obéis comme une enfant, contente d'apprendre. C'est un bonheur que d'éplucher les pommes de terre assise sur une pierre envahie de mousse à l'ombre d'un arbre en regardant les moutons, de dormir malgré le chahut que font les grenouilles en rut, de marcher sur les chemins en humant les odeurs de l'herbe mouillée par l'averse. De voir cet homme bricoler du grenier à la cave, et s'en y être invité, débarquer à n'importe quelle heure chez ses voisins et surtout chez un trésor de vieille dame, ( plus de quatre-vingt-dix ans) qui va le chercher à la gare et le ramène au train dans sa voiture. Il boit méthodiquement, soit le matin, soit le soir, mais se réserve une lucidité ricanante pour nous choquer où écrire. Je lui ai dit que si je gagnais à la loterie, je prendrais un chauffeur et lui, me commenterait tout le paysage de France. Sa curiosité n'a de cesse que d'éveiller la nôtre en pointant tous les détails, les noms des gens, des monuments, sur chaque parcours. Nous n'avons jamais été amants, aucun mensonge entre nous, si bien que nous faisons bon ménage, que je n'ai jamais connu un homme plus attentionné avec ses invités, il n'y a qu'en public qu'il s'amuse à bousculer. Il m'a plongée dans un livre de Singer Shoshoa Un jeune écrivain reste dans la Pologne de tous les dangers car il aime son amie d'enfance restée " demeurée". Dans une boutique de commerce équitable il voit un beau panama, le met sur ma tête, gardant son vieux sur lui. Le lendemain, invités à un déjeuner chez un ancien ambassadeur: Mets ton chapeau! Il veut que je fasse la belle chez ses amis. Je lui demande après quelques jours: " Il est à qui ce chapeau, à toi ou à moi? - Espèce de salope, c'est le mien, je me le suis acheté parce que les miens sont pourris, moisis! - Alors pourquoi as-tu dis à chaque fois, mets ton chapeau?"
Je laissé celui-ci sur la patère.
J'ai mis mon sac à dos sur la table pour le départ, il devait me raccompagner au train. Au moment de le prendre j'ai vu le chapeau posé dessus.
Pour ce séjour, j'avais pris le minimum: "Peux-tu me prêter un stee-shirt pour dormir? - Tu n'a qu'à prendre la chemise de nuit qui est dans l'armoire de ta chambre!"
Un vrai rêve cette chemise de nuit de grand-père en pilou, comme on n'en trouve plus dans aucun marché. Durant la nuit, comme je gigote beaucoup, je sentais le tissu craquer, chaque nuit un peu plus, je n'ai rien dit sur cette déchirure, la femme de ménage pourra imaginer que j'ai été violée.
J'ai mis le panama sur le siège à côté de moi dans le train, ainsi je prolongeais notre intimité en l'imaginant sous le chapeau. Il me faudra attendre mon tour pour revenir dans son hameau perdu en haut d'une colline sans communication, ni internet, ni portable, que les visites de courtoisie où chacun entre dans la maison de l'autre, rien n'est fermé, je n'ai jamais ressenti quelque chose de plus civilisé.

mercredi, avril 25, 2007

Le cerveau FR2

Jean D'Ormesson a fait un numéro de haute voltige, déclamant du Racine à rendre jaloux des tragédiens de métier, devant des savants: Nous les écrivains sommes des "Narcisse" des égocentriques, mais vous êtes des saints! Vous vous occupez des autres!

mardi, avril 24, 2007

Enquête de santé -Arté

Michel Cymes et Marina Carrère d'Encausse ont été particulièrement sobres, ainsi que les intervenants, sur ce sujet brûlant et combien douloureux: Les maladies nosocomiales. C'est surtout de la main à la main que nous gratifions nos interlocuteurs de nos microbes, soignants-visiteurs compris. A vous dégouter de toute accolade!

lundi, avril 23, 2007

Le Chat (Pierre Granier-Deferre 1970)

L'enfer du couple, je voulais faire des choses, mais à la première image j'ai été scotchée pour la énième fois devant l'écran de télé. Trois félins admirables le chat, Jean Gabin et Simone Signoret, aucun d'eux ne s'en sortent. Sternberg adorait Simenon, il adorait aussi les chats, il en a été privé sur le tard. En voyant les yeux de ces bêtes fauves, je me souvenais : Jamais je ne quitterai ma femme, c'est comme si on m'arrachais la prunelle de mes yeux! me disait-il.

dimanche, avril 22, 2007

La civilité

Il fait un temps divin, mais quand il faut y aller! Le train est bondé, j'exhibe mes cheveux blancs de chez "blanc", mes rides sans fard, les jeunes gens assis persistent à ne voir que la ligne bleue de l'horizon, oreillettes aux oreilles. Je finis par m'assoir par terre dans la travée, une jeune fille s'en émeut, mais elle n'est pas dans le sens de la marche.
Au bureau de vote une file d'attente debout, je suis découragée et dit être fatiguée par ce voyage de trois heures, mon sac à dos fait foi de mes dires. Le préposé me fait voter de suite de crainte que je ne revienne pas.

samedi, avril 21, 2007

CNTH Trouville

Gilles me disait: J'aimerais bien le revoir! (maintenant) Je regrette de n'avoir pù le revoir! Le chef de voile à une voix douce et l'oeil tendre et amusé en évoquant Sternberg le marin. Il paufinait les réparations sommaires que celui-ci faisait sur son vieux Sunfish alors qu'un admirateur lui en avait offert un neuf.

Mairie de Trouville Ecran sur notre environnement

La Mairie de Trouville a bien diffusé le message: beaucoup de scolaires en terminale sont venus voir les films . C'est effrayant, je n'avais jamais pensé que la fonte des glaciers 
 mettrait en péril les habitants des hauts plateaux par manque d'eau. Les
 indiens viennent en proccession prier la montagne de rester de glace.
 Ni que la glace fondant dans la mer, celle ci se réchauffait car la banquise 
réflectait les rayons solaires. D'où les typhons, les sunamis, les tempêtes de plus en plus violentes, c'est vraiment affreux.
L'odyssée sibérienne Nicolas Vanier et Thomas Bounoure
Une vérité qui dérange; Davis Guggenheim
How soon is now Javier Silva et Ruth Chao
Coup de chaud sur la planète Lucille Bellanger
Mal de terre Hubert Reeves

vendredi, avril 20, 2007

Le Lac de l'Oubli

A chaque parlotte ma mémoire s'agite empêchant le sommeil. Tel un enfant gâté qui ne voulait pas se laisser oublier, me débusquant surtout quant il me savait dans une possible intimité avec quelqu'un d'autre. Les ondes de chocs se dissippent avec le temps, à moins que l'on ne me lance des cailloux qui fassent ricochets sur l'eau. N'ayant pù mettre des contes brefs de l'écrivain, je sors mes cartouches, en quoi l'homme m'a concernée. L'heure ne comptait pas, seule son omniprésence, ne fût-elle que téléphonique. Et l'on voudrait que je le laisse tranquille maintenant que des inconnus s'approprient l'auteur, s'auto proclamant: Je suis le gardien du Temple! Qu'est-ce donc que vos propos déplacés! écrit d' un ton sentencieux. Ils sont jeunes ces fans, et parlent tels de futurs présidents: Chers Sternbergniennes, chers sternbergniens...
C'est plutôt émouvant; Gloire aux jeunes à enfiler les chaussons d'un mort, et prendre un ton péremptoire avec une vieille amoureuse. On ne comprend pas que si je parle du cavaleur, c'est l'homme public, je me garde l'amoureux, c'est ma pudeur à moi que de ne pas dire avoir été aimée, chacun son cadavre. Problème d'identité quant il n'y a pas d'argent à la clef. Cela me fait penser à ceux qui font la quête pour ceux-ci ou cela, les innondations, les catastrophes.

mercredi, avril 18, 2007

Michel Siffre Arté

LE CERVEAU À TOUS LES NIVEAUX!

Cette année-là, le spéléologue français Michel Siffre, figure légendaire de ces ... se trompe encore tout de même de deux mois à la sortie de la grotte...

J'ai des journées fastes à regarder sur Arté nos héros modernes que sont les scientifiques.
Ainsi cette ravissante blonde qui élève durant trente ans, un gorille
femelle,
afin de lui apprendre la langue des signes;

Mairie de Trouville Al Gore

On égaie nos après- midi avec une série de films sur notre environnement. Je me sens comme une mouche dans un bol de lait, heureusement, je n'ai pas d'enfant, c'est terrifiant l'Apocalipse annoncée.

lundi, avril 16, 2007

"La porte étroite"

André Gide à dit en substance dans La Porte étroite que l'on ne pouvait être deux pour passer par la porte.
Et louis Aragon: Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne où l'homme ne sait plus ce que c'est que d'être deux!

Cioran - Sternberg



mardi, avril 10, 2007

dédicaces






Sucrez-moi donc!

Sur un tournage, quand on veut enlever un élément du décor, un personnage: Sucrez -moi ce truc! Sucrez-moi machin! Et la chose, ou la personne, disparait du champ, de la lumière.

dimanche, avril 08, 2007

Trouville est plein comme un oeuf!

Au Marché, on se marche sur les pieds. Pour la moule, à la queue...leu....leu....Le Central a fait 1600 couverts. A la plage, le sable est noir de monde. Ma voisine n'avait jamais vu ça en cinquante ans.

Le noir

Je suis dans une pièce déserte, un homme entre:" On va vous juger!- Laissez -moi d'abord me rhabiller! Je ne sais où sont mes vêtements, il ressort pour en chercher, pendant ce temps un autre homme entre, puis un autre, et encore, tous me bousculent tour à tour, je dois les repousser, ils sont maintenant une dizaine, je sens que cela va être un linchage pur et simple.

Rue Bleue je dormais dans la soupente d'un bougnat. Chaque matin j'étais noire du poussier de charbon qui transpirait du matelas. j'ai déménagé à la cloche de bois, il ne m'a pas poursuivie, pas sûr que sa location fût légale. Je me rappelle de cette épisode car à chaque fois que quelqu'un veut m'effacer d'une existence normale à la sienne, (voir plus avec mes petites prestations), je suis comme ce poussier de charbon, je renoircis le dessin.

jeudi, avril 05, 2007

"La respiration" A. Soljenitsyne (photo W.Lewino.)


alcool

Se noyer

C'est une colle!!!

Mr Vase (Jean Gourmelin )

( Mépris N°3 Sternberg and Co. La revue qui n'a strictement rien à vendre ou à louer)

Marie-Antoinette et Walter Lewino



"Pourquoi?"

Le jour se lève et la nuit tombe.

L'homme prend la femme et la femme se donne à lui, alors que c'est elle
qui prend et lui qui donne.

Il n¹y a pas des sots métiers mais beaucoup de sots salaires

. Les mères disaient à leur fils :« je plains ta femme », et à leur fille :
« tu ne trouveras jamais de mari ».

. Il y a une infinité de villes et de villages nommés Saint-Pierre,
Saint-Jean, Saint-Germain, etc. mais aucun Saint-Roland, Saint-Henri et un
seul Saint-Luc (121 habitants), c¹était bien la peine que ce dernier se
casse le tronc avec son évangile.

. On compte huit communes nommées Saint-Maur, mais qui connaît ou a entendu
parler d¹un homme prénommé de même.

. Les intellos de gauche aiment le peuple et détestent ce que ce même peuple
aime à la télé.

. Brigitte, Catherine, Chantal, Monique, Nathalie, VéroniqueŠ n'ont pas
d'équivalent masculin, et Christophe, David, Eric, Jérôme, Mathieu, VincentŠ
pas d'équivalent féminin, en français du moins, et sauf erreur.

. Il y a des Jean-Jacques, des Jean-Pierre, des Jean-Claude, des
Jean-François, des Jean-Louis, etc. mais jamais de Jean-Patrick, de
Jean-Gérard, de Jean-Alain, de Jean-Fernand, etc. Même chose pour les Marie,
jamais une Marie-Sylvie ou une Marie-Nathalie.

. Parmi les abonnés au téléphone de la ville de Paris on relève 83 B¦uf ou
Le Boeuf et seulement 4 Vache ; 125 monsieur ou madame Mouton et aucun
monsieur ou madame Brebis ; 125 Cheval, avec en prime 203 Poulain, et
aucun(e) Jument ; 40 monsieur ou madame Chat et aucun(e) Chatte ; il y a
même plus de Bouc (34), malgré l¹odeur, que de Chèvre (10) ; quant aux
champions toutes catégories, les 207 Lelièvre, un(e) seul(e) Hase leur fait
face. Il est grand temps de dénoncer le machisme des patronymes.

. Les flics français sont armés de flingue et de matraque et les flics
anglais d'un casque.

. Les hommes n'ont pas de règles.

. Il n¹y a pas de jument laitière.

. Il y a des juifs honteux, jamais de goys honteux.

. On remonte à ses origines, mais on descend du singe.

. On mange toujours du b¦uf, jamais de la vache ; toujours de la dinde,
jamais du dindon,

. On n¹a pas le droit de dire que les Noirs courent plus vite que les
Blancs.

. Il y a un âge légal mais pas d¹âges illégaux.

. Sur terre on subit une force centripète alors que pour le reste c¹est la
centrifuge qui prévaut.

. On dit la Martinique et jamais le Cuba; la Sicile et jamais la Malte ; la
Crète et jamais la Chypre ; le Luxembourg et jamais le Monaco ; le Japon et
jamais le Taiwan ; la Réunion et jamais la Madagascar, etc.

. La Seine, la Garonne et la Loire sont des gonzesses et le Rhône et le Rhin
des mecs. Est-ce parce que ces derniers naissent à l¹étranger ?

. Tous les pays européens (ou presque) sont féminins alors que tous ceux d¹Amérique du nord et d¹Amérique centrale sont masculin. (W. Lewino)

Collage Sternberg

Pâques à Parisss

mardi, avril 03, 2007

La gifle

Je suis allée voir un film avec Sandrine Kiberlain,# TRES BIEN, MERCI de Emmanuelle Cuau avec Gilbert Melki, Olivier Cruveiller, Frédéric Pierrot, Emmanuel Salinger, Grégory Gadebois, Christophe Odent, Nathalie Akoun-Cruveiller, Agnès Caffin, Dimitri Rataud, Camille Japy, David Migeot, Patrick Dross, Emilie Chesnais. (Sortie le 25 avril) Son mari se fait arrêter, puis est placé d'office dans un hôpital psychiatrique.
Je voulais aller à la suite à Pantin mais j'avais ma dose de réminiscence avec des enfermements arbitraires, je me suis trompée d'autobus, descendue à la Gare de l'Est je me suis fait gifler dans la rue par un grand noir en jogging blanc, réfugiée dans un bistrot un inconnu m'a offert un verre d'eau, c'est j'espère tout pour aujourd'hui, je rentre me coucher si tant est qu'il n'y ait pas d'autre incident en descendant le Bd. Magenta.

lundi, avril 02, 2007

Samuel Beckett Côté Court Pantin

Je viens de voir une photo de Jacques Sternberg sur son site, cela me trouble, il y est si présent. Durant la rétrospective de Samuel Beckett son image se superposait sans cesse à celle du cinéaste dont je ne connaissais pas l'oeuvre filmée en langue allemande. Unique décor une pièce grise, aucun meuble sauf un misérable lit et un petit banc sur lequel l'auteur est déguisé en vieillard, front déposé sur ses mains, lesquelles tiennent ce que l'on suppose être un livre, les fenêtres et portes s'ouvrent sur le vide. Cela ressemble par trop à ce que j'imagine de sa fin de vie. Se connaissaient-ils? Ils avaient eu le même éditeur, Jérôme Lindon (Editions de Minuit)

Les clones

Mes vieilles copines virent à la dame patronnesse moralisatrice à souhait, après de tulmutueuses péripéties dues à un narcissisme forcené, la ménaupose alcoolisée à eu raison de leur brillante carrière, et la cave de leur conjoint se change en eau au contraire du Christ qui transformait l'eau en vin. Du coup, elles voient noir, et m'ayant vue transparente durant leurs leuggorrées vantardes, elles ne supportent pas de me découvrir quelques fans. C'est facile pour moi de taper dans le tas, mes copines sont des clones, avec les fragilités de ce formatage. C'est celà qui me touchait et m'a fait les fréquenter commes des soeurs orphelines, bien que leur héritage en parti dù aux enfants des maris, entretenait des gigolos d'une tchatche brillante. Tant que je me suis tue, elles m'ont invitée, mais ma parole ne vaut pas la leur, alors elles crient au scandale, ayant déjà fait taire leurs proches par l'hystérie, le désir du pouvoir, les mensonges, les menus malversations sous couvert d'une mythomanie bon teint, on ne peut rien quantifier, que croire ou fuir. C'est bien une demi-douzaine à la pelle de clones que je connais. Je n'ai plus l'âge de ces jeux pervers, je suis fatiguée, honte sur moi!

samedi, mars 31, 2007

Pantin Côté Court

Jusqu'à Stalingrad au pas de course j'en ai pour 40mn à remonter le canal, je me déculpabilise ainsi d'avoir les fesses sur un fauteuil durant les heures de projections. J'aime les quartiers populaires, quoiqu'ils le soient moins le soir.

Pantin Festival de courts-métrages

Aucun commentaire sur les films en compétition, je ne voudrais pas avoir le mauvais oeil.J'y va de ce pas, j'espère avoir le temps de voir des films marocains hors compétition.

Au bistrot du coin, ce matin, la surprise: Philippe-Emmanuel Sorlin. Je suis restée sous le charme durant près de deux heures en terrasse dans le froid. Son ami, cinéaste lui aussi, nous offrait des tablettes de chocolat pour l'énergie. La culture de Sorlin est phénoménale, livres, films, musiques, on a le sentiment que certains êtres ont eu plusieurs vies, tels des sorciers.

jeudi, mars 29, 2007



http://nouvellerevuemoderne.free.fr/collage.htm

Festival de Pantin Frédéric Tachou

Bonjour,
Mon film intitulé Reste-là !, sélectionné au festival du court métrage de Pantin, sera projeté dans le Programme n°3 de la compétition expérimentale aux dates suivantes:
Samedi 31 mars à 20H00 - Lundi 2 avril à 22H00

Cinéma Le 104, 104 avenue Jean Lolive à Pantin, M° Eglise de Pantin
Tél: 01 48 46 95 08 www.cotecourt.org
Frédéric Tachou

Force 3

La mer commence à se rider, une écume blanche sur la crête des vagues, c'est la force: 3. A quand la déferlante?

Lewino-Sternberg

Jacques Sternberg, l'étoile de la montagne d'un plat pays qui était le sien, je l'avais découvert vers la fin des années 50, cela se passait au marbre de « Arts-spectacles » un hebdo culturel comme on n'en fait plus. J'y faisais fonction de correcteur-réviseur et lui de chroniqueur en charge des dessins d'humour. André Parinaud, que rien n'arrêtait sinon les soucis financiers,l'avait brusquement promu secrétaire de rédaction. C'est ainsi que l'on vit débarquer une manière de Charlot journaliste, sautillant d'un marbre à l'autre, coupant un article trop long directement sur les morasses avec une paire de ciseaux au grand étonnement des typos qu'il eut tôt fait de séduire à la fois par son incompétence et par son humour virevoltant.

Je connaissais surtout de lui ce « Petit Silence illustré » qu'il imprimait lui-même sur ronéo, je ne sais plus qui dessinait les illustrations à même les stencils, ce qui n'était pas un mince exploit. Tirage : une vingtaine d'exemplaires. Ces ancêtres des fanzines font, ou devraient, faire la fortune des collectionneurs. Bien sûr, je n'en ai conservé aucun exemplaire. Sternberg lui-même n'en possédait plus la collection complète.

Aussitôt le courant est passé. Ce n'était en fait pas très longtemps après l'holocauste et notre façon commune de réagir a été de jouer les goys honteux, de nous proclamer juifs alors que nous ne l'étions ni l'un ni l'autre d'après la loi mosaïque, nos mères n'étant pas juives.

Je ne sais plus s'il avait déjà publié ce petit miracle de l'angoisse prémonitoire :« La sortie est au fond de l'espace »
Laissons aux spécialistes le soin de disséquer une oeuvre riche de quarante volumes à nulle autre comparable et laissons au trou noir de l'avenir le soin de dire quelle est sa place dans le panorama de la création littéraire de la seconde moitié du XXe siècle.

J'ai envie de parler de mon ami Sternberg, ce ludion sur ressort, roulant solex, et navigant sur dériveur sans jamais s'éloigner de plus d'un mile de la côte.

J'ai envie de rappeler qu¹un jour il se risqua à traverser seul sur son
rafiot le bassin d'Arcachon et en fit un bouquin de 200 pages.

J'ai envie de signaler qu'il ne pouvait pas voir une machine à écrire sans lui enfiler une feuille et taper au débotté un conte, une petite nouvelle, une short story. On sait qu'il en a publié plus de mille.

J'ai envie de me souvenir de ces samedis matin dans la boutique du Terrain Vague, rue de Verneuil, où il venait récupérer discrètement, sur ses droits d'auteur, le billet de 100 francs que Losfeld sortait de son tiroir en lui demandant de pas le dire à Pierrette sa comptable d'épouse.

J'ai envie d'avouer ma jalousie devant ses succès féminins, car ce petit bonhomme, qui ne restait pas en place et que la calvitie guettait, était expert en l'art de la séduction. Je le revois dans les bistrots où nous nous donnions rendez-vous, d'abord le Flore, puis le Select, je le revois cavalant d'une table à l'autre, saluer les dames qu'il connaissait, et dire au passage à une inconnue qu'elle avait un beau visage, les beaux visages pullulent dans ces sortes d'endroits. Dire à une femme qu'elle a un beau visage est autrement subtil que de lui dire qu'elle est belle. Le langage au service de la séduction.

J'ai envie de parler de Dorothée. De Dorothée, si belle et née dans une prison nazie, qui fut la seule maîtresse qui compta dans vie d'homme par ailleurs marié. De Dorothée, qui l'aima follement, lui pardonna tout, ne le quitta jamais et passa tous ses étés, superbe sirène, allongée nue sur son dériveur au large des plages de Trouville avant de le rendre à sa femme et de regagner sa tente au camping des Oiseaux.

J'ai envie de battre ma coulpe à propos de « L'Anonyme » son roman à la gloire de Marlon Brando, qu'il admirait entre tous au point de le transformer en une manière de Sternberg roulant Solex et naviguant sur dériveur. Je n'avais pas aimé le livre et, avouons-le, par pure perversité, je lui avais proposé d'en dire ce que j'en pensais dans un hebdo qui comptait où j'avais mes petites et mes grandes entrées. Le malheureux accepta. Il s'en releva mal mais ne m'en voulut jamais. Tel était le Sternberg que j'aimais.

J'ai envie de rappeler son combat pour le dessin d'humour, du vrai, celui qui se passe de légende et s'affirme par sa seule invention graphique. Topor, Gourmelin, Ylipe, Mose, et quelques autres, lui doivent une partie de leur renommée. Son dieu : Chaval le seul à ses yeux qui sut jouer de légendes en décalage afin de magnifier le dessin.

J'ai envie de me souvenir de son fabuleux égocentrisme qui est la marque des écrivains authentiques. Il ne pouvait parler que de lui, le plus souvent en s'auto-dénigrant. Un mélange de génie incompris, de délire inspiré et de
roublardise maladroite.

J'ai envie de le féliciter pour avoir sut d'arrêter whisky et cigarettes quand « France soir » cessa de lui payer des chroniques hebdomadaires imposées par Pierre Lazareff qui lui rapportaient gros.

J'ai envie de me souvenir que vers la trentaine nous parlions de nos essais littéraires ; que vers la quarantaine nous ressassions l'incompétence nos éditeurs et la connerie de nos (rares) critiques ; que passés nos cinquante ans nous rabâchions les succès et les échecs féminins de nos démons de midi ; que la soixantième venue nous pleurions sur notre difficulté à comprendre la mentalité et le comportement de nos petits-enfants ; que nos « septantes » années passées seules nos maladies et leurs séquelles nous tracassaient.

J'ai envie de dire qu'on en fait plus des types comme lui. Des ludions qui flottent entre deux eaux et pour qui la réussite ne relève ni de la mode ni de la rentabilité.

J'ai surtout envie de pleurer à mon tour en me rappelant qu'à notre dernier coup de téléphone ‹il ne sortait plus depuis deux ans et sa porte était interdite ‹ quand il me dit son soulagement et son bonheur de m'entendre alors qu'on lui avait dit que j'étais décédé et qu'il en avait pleuré pendant trois jours.

Merci Sternberg, merci vieux schlemil, merci pour ces larmes. Ce fut un merveilleux cadeau. On réglera ça plus tard, au paradis des auteurs mal-aimés.

Walter Lewino texte de Dorothée dans" L'Attente du Père"

mardi, mars 27, 2007

dimanche, mars 25, 2007

Concert aux 7 Lézards Improvisations Préméditées

Percus/électro Pozzi-Cueco-Walter-Wending samedi 24 mars-19h 10 rue des Rosiers 75004 Paris téléphone 01 48 87 08 97 Métro Saint-Paul www.7lezards.com
Néna était tellement enthousiaste qu'elle veut y entrainer toute sa famille au prochain concert au même endroit le 28 avril www.budamusique.com

Le pleur...des championnes

Les deux merveilleuses japonaises qui ont craqué après leur performance lors du championnat de patinage artistique nous ont aussi fait pleurer. De voir leurs larmes après une telle tension, sur des visages de poupées asiatiques réputés impassibles, a remué tout le public.

Edith Piaf FR2

Après-midi émotive avec ce reportage sur les derniers jours de Piaf.
Ce sont des gens trop incandescants pour devenir de petites braises! Ils sont mille fois plus "tout" que les autres. Quand ils meurent à quarante-cinquante ans, ils ont fait leur plein de vie! (Charles Dumont parlant de Jacques Brel et d'Edith Piaf)

Quand tu chantes, on dirait que tu arrache ton âme pour la dernière fois!
lui écrivait Jean Cocteau qui est mort le même jour.

samedi, mars 24, 2007

Le goùt de l'évasion

Le dimanche il y a les promenades rituelles au Port de la Bastille après le café philo, ou plus haut, Quai de la Loire où j'ai des copains, et le MK2 qui laisse le choix pour de nombreux films. Qu'il pleuve, vente, ou soleil à l'appui, le charme est au rendez-vous sur ces bords d'eaux et voir le sympathique pique nique de groupes de jeunes. A pied celà fait juste le temps d'une trotte salutaire de 40m préconnisée par les médecins. Pollution soit: l'air, le bruit, mais dans l'anonymat d'une grande ville on peut échapper à la vindicte de frustrés alcoolisés en général, dont le radotage vous bassine, il leur faut un public,(sans compter les deniers du public) Entendu ce matin: J'aime mieux mourrir à cinquante-ans parce que j'ai bu, qu'à quatre-vingt dans une petite voiture! N'empêche qu'il racontait son diabète et le reste qui va avec: impuissance à baiser, à travailler, à dormir, et à tenir debout dans le bistrot, et ses bagarres la veille avec un copin de bar.



























Date de sortie : 31 Janvier 2007

Film allemand.

Genre : Drame

Durée : 2h 17min.

Année de production : 2006

Titre original : Das Leben der Anderen

Distribué par Océan Films

Une peur anticipative à quoi on a échappé en France, je comprends mieux les vieux de l'Est qui restent murés dans leur silence quarante ans après.

vendredi, mars 23, 2007

Le Salon du Livre Porte de Versailles

Je n'ai rien à vendre, c'est donc avec sérénité que j'ai déambulé dans les allées du Salon, picorant d'un stand à l'autre, et heureuse de revoir des personnes que l'on a l'occasion qu'annuellement de rencontrer. Les chargées de presse sont souvent très jolies. Au centimètre carré, une densité impressionnante de visages intelligents. Certains sont connus, mais la foule est si drue que c'est difficile d'y voir de plus près. Heureusement, je n'ai réussi à boire qu'un seul verre de vin rouge.

jeudi, mars 22, 2007

Anonyme, connait pas!

Je n'accepte les commentaires que des gens qui ont assez de couilles pour dire leur nom.

Grand-mère en colère

Une dame de 81 ans veut distribuer les tracts de son Parti dans le fief du conccurent, ses enfants: Maman! Si on te casse la gueule, quel scoop!

mercredi, mars 21, 2007

Grand-mère


On va chez grand-mère? demandait Stern. C'était un petit hôtel rue Vavin où la patronne réservait quelques chambres pour des couples de passage. J'avais voulu mettre ce titre: On va chez grand-mère pour un moment. Michel Bernard, alors directeur de collection chez Denoël: Pourquoi pas tout simplement: Une Chambre pour un moment. Je m'étais appuyée sur mon aventure du moment avec un célèbre commissaire-priseur à qui je donnais des cours de yoga, pour raconter mes divagations de tous temps. Je ne vous aurais pas crue capable d'une telle passion à votre âge! a dit Sternberg. Ma mère:" Qui est cet homme que je ne connais pas et que tu as tant aimé?" -Pas plus que les autres, plutôt moins!
Simplement le luxe est une chose que je n'avais jamais connu, il s'habillait chez les couturiers italiens, par curiosité j'ai voulu savoir où était la charnière entre le charme, l'intelligence et le snobisme, les limites ont été vites atteintes. Sternberg n'avait eu vent de rien, tellement occupé à étaler ses conquêtes sur les banquettes du Flore où de Chez Lipp, pendant que je vivais en sourdine. (Il m'avait autrefois surnommée La reine de la molesquine et La bécassine des temps modernes. lorsque c'est moi qui faisait banquette en l'attendant).

mardi, mars 20, 2007

La lundinite

Il y a la lundinite, journée mollassonne après un week-end couci-couça, la mardinite j'ai vite les ailes coupées par la moindre émotion, mercredi c'est milieu de semaine on tient la rampe, et le reste c'est à voir!

lundi, mars 19, 2007

Le saut du chat

A la campagne chez des amis, je traverse la pelouse, dans la partie ombrée ça bouge. C'est un chat assis sur ses pattes de derrière, qui, avec une patte de devant levée, fait une sorte d'arceau dans lequel saute un petit chaton. La mère avec des miaulements, exhorte son petit à sauter encore et encore. Je n'avais jamais vu faire cet exercice de cirque par cette race animale. C'était un rêve.

dimanche, mars 18, 2007

Les archers

J'aimais beaucoup quand les archers, sur le pas de tir: Bandez!...Tirez!...
Stern n'aimait pas que je dise à propos de quelque chose ou de quelqu'un: "Je bande! ou pas!- Est-ce que je dis moi, je mouilles!"

Ghislain Cloquet en bibliothèque

En attendant l'heure du spectacle, au Rond Point, j'ai musardé à la bibliothéque et interessée par la personnalité d'Anne Wiasemski , j'ai feuilleté Jeune fille. Les pages se sont ouvertes là où elle y parle de Ghislain Cloquet, opérateur dans Au hasard, Balthasar, (Robert Bresson) de son côté protecteur et charmeur.

Yolande Moreau Théâtre du Rond Point

Je me suis laissée aller au charme de cette silhouette de ménagère avec son cabas à poireaux, les bras tachés de sang, un nez de Cyrano, c'est la magie du cirque, du mime, je suppose que Yolande Moreau y a fait ses classes, cela m'a fait penser à La Strada (Fellinni)

Les brèves de Néna

C'est trop simple pour être possible!
Je n'irais pas en croisière, on a toujours un pied plus haut que l'autre, en bateau!

samedi, mars 17, 2007

Le bébé

A y réfléchir, un bébé de 2k5 en mots, ne pèse pas bien lourd face au 40 ans de maux.

Certains aiment l'esprit marseillais, je préfère l'humour noir, juif.

Faire la chose-la guerre-l'amour--du blé--la belle--la bête-de la politique-des petits- son lit- de la place- le ménage- la cuisine- le bien- l'aumône- sa toilette- ses ablutions- ses classes- l'idiot- pipi- caca. J'ai toujours trouvé ce mot faire prosaique

En discutant avec Jérôme Reybaud de son édito dans lalalala.org, je me suis souvenue , après coup, qu'à 17 ans, quand nous copulions Jacques Loew et moi, j'employai le mot "lalala". (nous lalarisions- vous lalarisez) Il faut dire que Jacques était un fan de Charles Trenêt, un coup à l'Olympia, l'autre année à Bobino.

vendredi, mars 16, 2007

2 kg 5 de papiers envoyés à la nièce belge: 50 euros

En relisant les quelques 200 lettres de Stern, et une centaine de Ghislain, je me remémore à quel point j'ai été prise en étau par le talent et la capacité à séduire de ces deux personnages tragiques, par essence.
Jacques Loew avait dit à Sternberg: J'ai connue une jolie jeune fille gaie, tu en as fait une belle femme neurasthénique!
Entre ces deux lascars, loin d'être un long fleuve tranquille, j'étais une rivière tortueuse qui tentait se frayer un chemin entre rocailles, vert pré, et le large. Une petite rivière de sang des avortements réussis et des suicides ratés. Cela ne laissait guère d'énergie, ni de temps pour le travail. Au mieux, je m'exilais pour subsister; Allemagne, Suisse, Belgique, Turquie, Maroc, Espagne , Italie. Le contraite des SDF qui ne font que de l'inta-muros. Il est sûr que je n'avais ni téléphone, ni répondeur pour une éventualité de carrière artistique. Seule ma plume m'a sauvée: des carnets de routes, en somme!
Hier soir, Smaïn se défendait devant Ruquier: Ce n'est pas parce-qu'on ne passe pas à la télé qu'on ne fait rien! Je suis papa, je biberonne, je fais des tournées!
Les biographes font toujours des hyatus par défaut de questionnement. J'ai 3 ans de moins, ne suis donc pas née en prison, par la gràce d'une historienne allemande. On ne m'a plus employée au cinéma, alors que mes amoureux ne savaient où me joindre. A cinquante ans Ghislain m'a dit: Je vieillis, je n'ai plus la force de courir derrière vous! Et Stern, après de multiples aventures s'est laisser fagociter pour faire amende honorable. A ses quarante-ans je lui disais déjà. De l'infantilisme, vous passerez directement à la sénilité sans être jamais passé par la case adulte!

Journal Le Monde du dimanche

mardi, mars 13, 2007

Hubert Reeves Mairie du troisième

Toujours avec son visage lunaire, il nous annonce la fin du monde programmée, la mer devient acide, qu' elle ne peut nettoyer au rythme de notre pollution...

Irina Palm

Sam Garbarski
Avec : Marianne Faithfull, Miki Manojlovic, Kevin Bishop
Long métrage, Fiction, Comédie dramatique
Langue(s) de tournage : Anglais
Nationalité : Minoritaire français (BELGIQUE, ALLEMAGNE, LUXEMBOURG, GRANDE-BRETAGNE, FRANCE)
Etat d'avancement : Sortie à venir

Société de production : Liaison Cinematographique
Distributeur France : Pyramide Distribution
Vente à l'étranger : Pyramide International

Synopsis


Une grand-mère veut sauver son petit-fils, il lui faut de l'argent, elle en gagne dans un sex-shop jusqu'à attraper un pénis elbow. c'est drôle, tendre, émouvant, de bout en bout.

vendredi, mars 09, 2007

Roland Topor

Projet de monument à la gloire de Jacques Sternberg

Le monument aura une hauteur totale de douze mètres, ces douze mètres symbolisant, bien sûr, les douze pieds de notre alexandrin immortel. L'agrandissement d'une vieille machine à écrire d'avant guerre, genre Remington, en marbre noir, tiendra lieu de socle. Le public aura d'ailleurs la possibilité, moyennant une somme modique, de circuler sur les touches pour se familiariser avec le travail de l'écrivain. Une fausse feuille de papier, en marbre blanc épaisse de deux mètres, semblera sortir du rouleau de la machine. cette feuille sera décorée de la manière suivante:
Au recto- Ungrand dessin à la plume représantant Jacques Sternberg en train d'emballer quelques unes de ses oeuvres dans du papier craft.
Au verso-Deux portraits, l'un de Saul Steinberg, l'autre de Joseph Sternberg, seront chacun barré d'une croix, afin d'éviter au public tout risque de confusion avec Jacques Sternberg.
Voilà. J'oubliais de préciser l'emplacement du monument. Il sera érigé au milieu de la chaussée, Boulevard Saint Germain, en face du café de Flore, juste à la sortie du parking. Je concois l'inquiétude des automobilistes, mais qu'ils se rassurent: l'obstacle sera signalé de jour comme de nuit paer des feux clignotants, et entouré d'un cordon de gardes républicains, à cheval, en tenue de parade.
Les pouvoirs publics se font malheureusement un peu tirer l'oreille avant de donner leur accord définitif, cependant l'affaire est en bonne voie. Monsieur Maurice Druon, de l'Académie Française, Ministre de la Culture serait, aux dernières nouvelles, légèrement réticent. De mauvaises langues rapportent qu'il aurait fait à ses intimes le serment suivant: "Moi ministre, ce monument ne verra jamais le jour!"
Alors, pouvons nous agir pour que le monument à la gloire de Jacques Sternberg se concrétise dans les plus brefs délais?
Oui.
Une association des amis et admirateurs de Jacques Sternberg va être créée sous peu. Une pétition rassemblera les signatures des 3442 lecteurs de l'écrivain, (42 hommes, 3402 femmes). Des grèves sauvages éclateront. Des guerres peut-être . Mais au bout du chemin, j'en suis convaincu, la victoire nous appartiendra. Vive le monument à la gloire de Jacqus Sternberg: Vive Jacques Sternberg!

Roland Topor

P.S. Evidemment, si Jacques Sternberg était mort, français, catholique et très con, ça nous faciliterait drôlement les choses!

La ronde hystérique

La ronde hystérique, les enfants jouent, les parents trinquent.

jeudi, mars 08, 2007

Cléo de cinq à sept (Agnès Varda) Arté

Je ne sais pas si c'est un fait exprès, mais ça tombe bien de montrer ce film sur une femme par une femme, pour la journée des femmes...

Après, il y a eu le portrait de quatre albanaises.(...) Dès la puberté ces jeunes filles ont refusé leur féminité afin de faire des travaux d'hommes plus gratifiants,en forçant le respect de la gente masculine du village. Refus de souffrir comme l'ont fait leurs mères qui travaillaient la journée pour l'état et le soir il leur fallait vaquer à tous les soins du ménage et de la famille. D'autres, c'est pour garder l'amour du père qui avait perdu ses fils à la guerre. Mais pour ne pas être victime de l'opprobe de leurs voisins, il fallait sacrifier toute sexualité. Le plus curieux c'est que ni dans la silhouette, la voix, ou le visage dont les cheveux sont coupés, n'apparait l'ombre d'une ancienne féminité.

mercredi, mars 07, 2007

Jacques Sternberg (1965)

Sternberg en bateau

Un commissaire de police: Qui est cet agité qui tourne autour de son petit bateau comme s'il inspectait un porte-avion?
Le vieil ami à qui je demande le service de scanner ces photos:" Pour me remercier, tu me feras une pipe!- OK! Mais pas devant ta femme! Oh! elle ne sait pas se que ça veut dire scanner, ni faire une pipe!"

mardi, mars 06, 2007


Réserver vos places en ligne.


Miro Gavran

Traduction et adaptation Andréa Pucnik
Mise en scène Marie-France Lahore
Assistant à la mise en scène Pascal J. Mercier
Scénographie Marielle Spalony
Costumes Catherine Caldray
Eclairages Daniel Molinier

Avec, par ordre alphabétique Camille Cottin, Thomas Dewynter, Jean-Claude Drouot, Vincent Primault, Marie-France Santon

1890, Tolstoï , le plus grand écrivain russe, a déjà l’essentiel de son œuvre derrière lui. Il vit replié dans son domaine d’Isnaïa Poliana, en compagnie de sa femme, Sofia. En ce début d’été, le couple convie Tchekhov, jeune écrivain à la mode avec sa femme Olga. Très vite, Tolstoï propose à son confrère de prolonger son séjour pour qu’ils écrivent ensemble un soit-disant livre de conversations. De son coté, Sofia pousse Olga Tchekhov à écrire avec elle un livre de révélations. Les étranges relations littéraires qui se tissent à l’intérieur de la datcha se doublent très vite de jeux de séductions. Dans la chaleur estivale, portées par la vodka, les relations se tendent et les manipulations se dévoilent.

Tolstoï et Tchekhov se sont rencontrées à plusieurs reprises, Tchekhov a bien été invité à Isnaïa Poliana, mais toute ressemblance avec la réalité s’arrête là. Miro Gavran évoque, à travers la rencontre entre deux des plus grands écrivains russes de la fin du 19e siècle, le rapport conflictuel si particulier entre deux générations et deux visions du monde.

Sur ce fond de confrontation intellectuelle, le spectateur assiste à une comédie imaginaire où les rapports de marivaudage resteront inaboutis et mèneront crescendo à une extravagante apothéose.

Production : 4e dimension / Compagnie Marie-France Lahore

du 7 mars au 29 avril
les mardi, jeudi, vendredi et samedi à 20h30 · mercredi à 19h00 · dimanche à 16h00

Représentations surtitrées en français pour les sourds et malentendants les mercredi 28 et samedi 31 mars, et les dimanche 1er, mardi 24 et vendredi 27 avril 2007

TARIF B ( 22 € / 15 € )

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Les situations, les personnages, tout était si vrai dans la monstruosité que je pleurais pendant que le public riait. La coincidence c'est que je dépiautais les lettres d'un certain auteur ces nuits-ci, si bien que je m'identifiais totalement à la pièce jouée par Jean-Claude Drouot lequel avec sa famille m'avait sauvée durant trente années de nombreux naufrages. Je retournerais au théâtre plus tard.

Hubert Reeves Mairie du troisième Paris

Cela fait plaisir de savoir que nous venons d'une poussière d'étoile!

lundi, mars 05, 2007

Les lettres

J'ai raconté à Francis au café philo que j'avais retrouvé plus de trois cent lettres d'amoureux: "Ils t'ont aimée!- Non! c'était des cavaleurs,alors je fuyais!-Ils essayaient de te récupérer par la poste!"

dimanche, mars 04, 2007

Ma photo préférée

Paix à son âme ! THTH

En relisant les billets doux,je me rends compte que ce qui a présidé à notre relation c'est une tendresse indéfectible de part et d'autre.

vendredi, mars 02, 2007

Proverbe oriental: Lorsque l'on cesse de se débattre, il paraît qu'il fait bon se noyer!

Vieux rêve

Je dois rendre son sexe à Topor. comment faire, nous sommes entourés de gens, dans un lieu public, d'autant que ce bout de boyau vidé de toute substance c'est plutôt minable. Je le cache dans ma main, cherchant de quoi l'envelopper, ne serait-ce que dans un pli de ma robe, pour le lui remettre de la main à la main. Quelle est la circonstance qui a présidé à l'affaire, je ne m'en souviens pas. Le plaisir a être normal puisque je n'ai aucun sentiment de frustration. C'est la première et probablement la dernière fois, depuis que nous nous connaissons. je réalise que je n'ai pas prendre de protection, alors je vais me laver le derrière pour limiter les dégats,Sida et autres. Puis, toujours attablés au bistrot, nous devisons. Il a deux enfants qui ont dormi dans ma chambre laquelle contient deux grands matelas doubles, et deux normaux. Topor cherche une solution d'hébergement pour quelques jours de vacances: Tes enfants peuvent très bien dormir dans cette salle, elle est grande, les lits sont séparés!. C'est comme dans un hangar, sans meubles, juste pour dormir. Nathan vient nous rejoindre, et tout naturellement, je m'adosse contre lui, la tête dans son cou, comme si cela allait de soi. Cela ne peut pas vexer Topor qui connaît nos douloureuses et anciennes amours. Le surprenant, c'est que Nathan ne se défend pas de ma lascive tendresse en public. Dans cet établissement perdu en campagne on a reconstitué l'atmosphère des bistrots parisiens par le simple fait de ces trois rencontres. J'ai toujours le sexe de Topor dans un pli de ma robe, chiffonné dans ma main.
Dans un sentier bordé par des plants grimpants de haricots verts: Mais ce sont mes haricots verts, c'est moi qui les ai plantés!. Je me mets à remplir ma jupe à défaut de sac. Il est temps de les cueillir car certains pourrissent déjà tellement ils sont énormes. Au passage je fauche une salade, des bananes, et des poires qui sont étalées sur une claie. Il y a aussi de belles noix par terre, pour les protéines, mais ce serait trop encombrant. J'ai déjà à manger pour plusieurs jours.

Le grenier: René Quison, Marina Vlady



Il y avait trente ans que je n'avais pas raclé à fond mes tiroirs,en cherchant une photo, j'y ai retrouvé beaucoup de courrier. Heureusement René Quinson m'a invitée à déjeuner et emmenée voir ce Lion d'or de Venise (2006) Golden door
J'ai donc une vieille photo de René Quinson recevant de la main de Marina Vlady La médaille de Chevalier des arts et lettres "-Je préfère embrasser Marina que Jak Lang! dit René.- Mais ce n'est pas du toc, c'est du vrai, de la part du Ministre de la culture!- Je vois que l'on a pas oublié le médecin de service! en saluant Schwartzenberg. Cela se passait au Fouquet's en juin 89. Aucun chargé de presse n'aurait pù rêver de salle plus prestigieuse. Ils étaient tous là,le tout Paris, pour saluer, avec reconnaissance, le simple et humble journaliste qui avait fait son métier avec gentillesse, et les grands fauves absents, Belmondo, Alain Delon et les autres, car ils tournaient en extérieur, n'avaient pas omis de donner leur écot pour ce repas au Fouquet's et alimenter la cave de René Quinson qui les suivait lors de tournages où de festivals. Point de préséance entre vedettes, ce soir là, c'était lui la star, et drôle... La salle était dans le noir lorsqu'il est arrivé, tout avait été préparé dans le plus grand secret par sa secrétaire et des chargées de presse, je craignais qu'il n'est une attaque du coeur, c'est là que l'on s'aperçoit que mis en lumière, beaucoup de gens peuvent avoir du talent. Nous étions tous très émus, Souchon avait créé une chanson pour l'occasion et nous avions le CD sur l'assiette. C'est la plus belle soirée parisienne à laquelle j'ai pù assister.

Golden door

Réalisé par Emanuele Crialese Avec Charlotte Gainsbourg, Vincenzo Amato, Aurora Quattrochi
Film français, italien. Genre : Drame Durée : 1h 58min. Année de production : 2006 Distribué par ID Memento Films
Magnifique chronique d'une famille italienne qui émmigre en Amérique.

jeudi, mars 01, 2007

Le spleen du voyage


C'est un charmant journaliste anversois dont je ne me souviens plus du nom qui avait fait la photo sur une banquette de train dans un bistrot d'Anvers.
Lorsque Sternberg ma reniée dans ses mémoires, un Chevalier Blanc,THTH,qui n'était autre que l'un des admirateurs de l'écrivain, m'a vengée en effaçant le visage du traitre. Je voudrais bien revoir sa bobine.