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Souvent décrit comme "l'Everest de la mer", le Vendée Globe est
l'épreuve reine de la voile océanique en solitaire, celle qui fait
fantasmer tous les coureurs depuis 1989, date de sa première édition.
Huit des vingt skippers qui quitteront les Sables d'Olonne, tous
à la barre de monocoques de 60 pieds (18,28 m), sont étrangers et deux
ou trois d'entre eux ont des chances de l'emporter au terme de presque
trois mois de mer. Mais la plupart des favoris sont français, illustrant
une fois de plus que la course hauturière en solo reste une spécialité
hexagonale.
Les six précédentes éditions du Vendée ont été gagnées par des
Français, l'un d'entre eux -Michel Desjoyeaux- décrochant la victoire à
deux reprises (2001 et 2009), un exploit fantastique.
La route est longue
Cette année, une dizaine de skippers peuvent (sur le papier)
l'emporter. Les Français Vincent Riou (PRB, vainqueur en 2005), Armel Le
Cleac'h (Banque Populaire, 2e en 2009), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec
3), François Gabart (Macif), Jérémie Beyou (Maître Coq) et Marc
Guillemot (Safran, 3e en 2009).
Mais aussi le Suisse Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), les
Britanniques Mike Golding (Gamesa) et Alex Thomson (Hugo Boss).
Difficile d'aller plus loin dans le pronostic: la route est
longue et tellement de choses peuvent arriver. L'histoire du Vendée
Globe montre que les meilleures préparations ne mettent pas à l'abri
d'un abandon dans les heures qui suivent le départ.
A l'inverse, un retour aux Sables d'Olonne pour réparer dans les
heures suivant le départ n'obère pas nécessairement les chances de
victoire. Lors de la dernière édition, en 2008-2009, Desjoyeaux avait
gagné en 84 j 3 h 9 min après être revenu 48 heures aux Sables en raison
d'une panne électrique.
Une chose est sûre, le skipper qui l'emportera sera un marin
d'exception. Comme, d'ailleurs, tous ceux qui boucleront le tour. Soit,
statistiquement, seulement la moitié des concurrents...
L'exploit maritime ultime
Affronter en solo les mers les plus dures de la planète, régater
dans les 40e (degrés de latitude sud) Rugissants et les 50e Hurlants
est l'exploit maritime ultime. Deux navigateurs -le Britannique Nigel
Burgess (1992) et le Canadien Gerry Roufs (1997)- l'ont d'ailleurs payé
de leur vie.
Vingt concurrents au départ cette année (dont une femme, la
Britannique Samantha Davies) contre 30 en 2008 et 24 en 2000... La crise
est passée par là et beaucoup de skippers ont eu du mal à boucler leur
budget. Mais il y en avait moins en 1989 (13), 1992 (15), 1996 (16) et
autant en 2004.
Dans l'ensemble, les marins sont d'accord pour dire que leurs
bateaux sont plus sûrs aujourd'hui qu'il y a quelques années... mais
aussi qu'ils "tirent" beaucoup plus dessus.
Les vitesses, d'ailleurs, ne cessent d'augmenter. Le Français
Titouan Lamazou avait gagné en 1990 à la moyenne respectable de 9,7
noeuds. Mais en 2009, Desjoyeaux a tourné autour du globe à 14,7 noeuds
de moyenne.
L'aventure des débuts est devenue une régate planétaire disputée
avec la même rage de vaincre qu'une épreuve de match racing en baie
abritée








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Je suis comme je suis! dit-elle au mime Marcel Marceau




