lundi, novembre 24, 2008

walterlewino dans : SOCIETE, COMBINEhttp://walterlewino.unblog.fr/

273 Un coup pour rien 24 novembre, 2008

Quel gâchis ! Des millions de spermatozoïdes virés aux égouts après chaque coup tiré. Oui des millions, on ne sait pas trop combien personne n’a eu le temps de les compter, on se contente d’estimation qui vont de dix millions à deux cents, mettons cinquante, presque la population du pays, en une seule giclée. Foutre !
Bien sûr en face, la bonne femme ne se fatigue pas trop, elle se contente de mettre dans le coup un seul ovule une fois par mois, démerdez-vous les mecs, que le meilleur l’emporte, et t’en as aussitôt 49 999 999 qui se retirent la queue basse.
Les animaux sont infiniment plus économes de leur belle semence, ils ne la dispensent que lorsque la femelle est en période d’ovulation. Seuls, semble-t-il les bonobos s’envoient en l’air quand bon leur semble, c’est-à-dire tout le temps. Les veinards !
Oui, quel gâchis, d’autant que les banques de sperme manquent de matière première et peinent à trouver des donneurs. Il est vrai que ce n’est pas rémunéré, on se demande bien pourquoi. Tout se vend, tout s’achète sauf ce qui est le meilleur de l’homme. Mais pourquoi le même donneur ne sert-il pas un nombre infini de demandeuses puisqu’il a de la marchandise à ne savoir qu’en foutre.
Pour conclure rappelons la définition de ce grand pessimiste de Jacques Sternberg. Spermatozoïde : que la semence de l’homme portât un nom aussi ridicule n’annonçait rien de bon. Nous citons de mémoire

dimanche, novembre 23, 2008

ART Charles Matton

Emma Wallard dans La Lumière des étoiles mortes (1994)

Le peintre et cinéaste Charles Matton est décédé
NOUVELOBS.COM | 20.11.2008 | 15:33
Artiste aux multiples facettes, celui qui fut tour à tour conseiller de François Truffaut, décorateur scénographe ou encore essayiste, s'est éteint à l'âge de 77 ans des suites d'un cancer du poumon.
Le peintre, sculpteur et cinéaste Charles Matton connu pour ses "boîtes" réductions de lieux, et qui a notamment révélé Richard Bohringer au cinéma, est mort mercredi soir à l'âge de 77 ans des suites d'un cancer du poumon, a-t-on appris jeudi 20 novembre auprès de ses proches. II était un "fabricant d'images" comme il se qualifiait lui-même, à la recherche, par tous les moyens artistiques, de "l'apparence du monde".
Charles Matton, né en 1931 à Paris où il travaillait, en dehors de quelques incursions à New-York, a mené un parcours aux multiples facettes, utilisant en même temps la peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo, la photographie, l'écriture ou le cinéma pour "décrypter les apparences", selon ses proches.
"L'apparence du monde est toujours un mystère. Au fond, je ne m'intéresse qu'à l'ici-bas", disait-il lui-même.
Autodidacte du dessin, il peint en se rangeant du côté de la figuration à un moment où cela ne se fait plus. Il peint de grandes toiles de sport, des "grandes motocyclettes". Il s'attaquera ensuite à ce qu'il appelle des "boîtes", réductions de lieux en trois dimensions comme le cabinet de Freud ou l'atelier du peintre Bacon, qu'il avait rencontré et dont il se sentait proche par la peinture. L'une de ces "boîtes" est visible au café de Flore à Paris, qu'elle reproduit.

Collectionné par le couple Montand-Signoret

Exposé à de nombreuses reprises en France, comme au Centre Pompidou en 1989, à Tokyo en 1990 et encore ces dernières années aux Etats-Unis, à la FIAC ou la Maison européenne de la photographie à Paris, l'artiste figure dans les collections nationales.
Conseiller de François Truffaut sur le tournage de "La mariée était en noir", il réalise les toiles du peintre joué par Charles Denner. Il signera également des décors de théâtre dont ceux de la pièce "L'homme du hasard" de Yasmina Reza en 1995 au Théâtre Hébertot.
Il dira être venu au cinéma parce que le "terrorisme antifiguratif régnait si fort dans la critique (qu'il) n'avait plus aucune chance de pouvoir faire une exposition".
Après un court-métrage en 1967, "La Pomme", il s'attaque au long-métrage avec "L'Italien des Roses" qui fit connaître l'acteur Richard Bohringer. Ce film en noir et blanc sur la désillusion des années post-68, sera sélectionné au festival de Venise.
Il signe "Spermula" (1975), nom donné par la production alors que le titre original était "L'amour est un fleuve en Russie", au scénario érotico-fantastique. "La Lumière des Etoiles Mortes" (1993), avec Catherine Sihol, Richard Bohringer et Jean-François Balmer, explore son enfance. "Rembrandt" (1999), joué par Klaus Maria Brandauer, reçoit un Grand Prix du meilleur scénario.
Ami d'enfance de Gérard Blain, collectionné par le couple Montand-Signoret, Charles Matton et son travail ont été préfacés et analysés par ses amis, le philosophe Jean Baudrillard ou l'écrivaine Françoise Sagan.
Ayant travaillé pour les éditions Christian Bourgois et le magazine new-yorkais Esquire, il était lui-même l'auteur d'une monographie sur Rembrandt et d'un essai en 2002, avec le philosophe Alain Finkielkraut et le peintre Ernest Pignon-Ernest, "Etre artiste aujourd'hui" (Editions du Tricorne).

* Être artiste aujourd'hui (2002, éditions du Tricorne)
* États de lieux (2007, catalogue d'exposition)

Filmographie

* 1967 : La Pomme ou l’histoire d’une histoire (court-métrage, scénario et réalisation)
* 1968 : Mai 68 ou les violences policières (court-métrage, scénario et réalisation)
* 1972 : L’Italien des roses (scénario et réalisation)
* 1976 : Spermula (scénario et réalisation)
* 1988 : Douanes (documentaire, co-réalisé avec Sylvie Matton)
* 1994 : La Lumière des étoiles mortes (scénario et réalisation)
* 1999 : Rembrandt (co-scénario avec Sylvie Matton, réalisation)

Récompenses

* Grand Prix au Festival d’Hyères pour La Pomme ou l’histoire d’une histoire
* Grand Prix de la Biennale de Paris pour La Pomme ou l’histoire d’une histoire
* Grand prix du meilleur scénariste pour Rembrandt

jeudi, novembre 20, 2008

avoir de l'usage

Ces femmes que l'on mettait au couvent afin de les soustraire d'un monde frivole, étaient-elles si malheureuses?
On ne me croit pas honnête, mon côté libertaire laisse à penser que je fais les quatre cent coups. Serai-je plus joyeuse si c'était vrai? J'ai plusieurs connaissances qui se sont défenestrées de crainte de moins séduire, mon côté Cosette m'a épargné de vivre au-dessus de mes moyens, mais les autres n'en démordent pas, ils me prêtent tant de désirs, alors que je n'aspire qu'à l'affection.
Je ne peux en vouloir aux frustrés de tous bords, ils sont simplement usants, le cerne de mes yeux c'est de les savoir tristes.

mardi, novembre 18, 2008

La Wifi

Cela me fait une belle jambe d'aller dans un bistrot qui dit avoir la Wifi, mais garde l'électricité pour l'abat-jour, et n'ouvre pas son internet si bien qu'il n'y a pas de connections. J'y boirais un café qui restera occasionnel, il me faut trouver les bancs de la Mairie, avec ce petit peuple industrieux qui tape portable sur les genoux, sauf les matinaux posés sur une petite table dans les couloirs. J'aurai aimé jouer à l'écrivain fastueux qui oeuvre devant un verre en terrasse, l'oeil au dessus de la ligne bleue des Vosges.

lundi, novembre 17, 2008

264 La Grande Invasion 15 novembre, 2008 Posté par walterlewino dans : DECROISSANCE , ajouter un commentaire

Européens débarquant au secours de l’Afrique
http://walterlewino.unblog.fr/

Ghislain Cloquet disait que le principal dans la vie c'était de trouver son sherpak

jeudi, novembre 13, 2008

En novembre, on se porte pale, comme les chrysanthèmes. J'ai vu Les ailes pourpres ces flamands roses qui déversent leur sang dans le bec de leur oisillon.

mercredi, novembre 05, 2008

Le succès

A la Mairie du troisième, il y a une telle queue, jusqu'au square d'en face, pour La nuit Américaine que je ne suis pas sure d'entrer, et une petite sciatique persistante ne m'autorise pas le piétinement. Va pour la télé à domicile, comme je suis seule, je m'y endors d'heure en heure, enfin à 5h du matin je décide d'un petit café au lait au lit et 2min plus tard, le discours très classe, très émouvant du perdant McCain, pour un peu on regretterait qu'il ne soit pas élu.
C'est magnifique que l'impensable puisse arriver! Quand on se sent merdique, sans faire oeuvre, que des gens puisse avoir une telle vitalité et du talent comme Barack Obama, et Agnès Varda dont je venais de voir le film, cela nous régénère pour peu que nous ayons encore la capacité d'admirer les autres.
Et ce soir un cadeau Le cirque invisible au Théâtre du Rond-Point des Champs-Elysées, j'avais beau pleurer pour des raisons personnelles, je riais et m'émerveillais constamment, le spectacle marche Du tonnerre de feu! auprès du public,le couple Victoria Chaplin et Jean-Batiste Thiérrée est un ravissement.
Le Cirque invisible. Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée

Par Mag le mardi 24 avril 2007, 08:00 - Théâtre - Lien permanent

* Aurélia
* cirque
* invisible
* James
* Jean-Baptiste
* Rond-Point
* Symphonie Hanneton
* Thierrée
* théâtre
* Victoria Chaplin

cirque_invisibleIl y a deux à peine, on découvrait, émerveillé, sur la scène du théâtre du Rond-Point, le jeune James Thierrée dans sa fascinante Symphonie du Hanneton. Ce fut un coup de foudre. (1)

On pouvait alors ignorer que ses parents sont depuis plus de 30 ans des artistes de la piste incomparables.

Aujourd'hui, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin (4ème fille de Charlie Chaplin), talentueux géniteurs de James et Aurélia, également artiste (2), présentent Le cirque invisible au même théâtre du Rond-Point.

Lui est un clown, un amuseur au sens noble. Il se déguise, joue avec les accessoires, fait des tours de magie.
Cheveux blancs hirsutes, yeux de malice, sourire espiègle, il a l'âge de l'enfance éternelle et fait rire petits et grands.

Elle est le portrait saisissant de son fils, ou plutôt l'inverse. En réalité elle semble davantage être sa sœur que sa mère.
La filiation ne fait pourtant aucun doute : Victoria et James explorent la même veine ; unique et magnifique.

Car lorsque Victoria Chaplin est sur scène, le monde bascule.
Elle opère des transformations époustouflantes, faites de soies, de craintes, de poésie et de beauté.
D'une robe moirée et de son corps, elle fait un serpent, un coquillage et toutes sortes d'animaux imaginaires.
Sur son corps blanc couvert de verres et d'ustensiles, elle joue Les filles du bord de mer.
D'une ombrelle et d'une table ronde, elle fait un cheval.
Elle fait bien d'autres choses encore.
Il faut les voir.

Et laisser la grâce et la magie du Cirque invisible venir mouiller ses yeux d'enfant.

Le Cirque invisible. De et avec Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée
Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin-Roosvelt – Paris 8ème
Du mardi au vendredi à 20 h 30, dimanche à 15 h
Jusqu'au 6 mai 2007, date supplémentaire le 7 mai à 18 h 30
De 8,50 € à 30 €
Livre : Le Cirque invisible, numéro spécial des Carnets du Rond-Point, 10 €

(1) Enthousiasme partagé par le jury des Molières 2006, qui a décerné quatre prix à La Symphonie du Hanneton.
(2) Aurélia Chaplin a présenté en février dernier aux Abesses le spectacle Oratorio d'Aurélia.

Jour des morts

"Comment va Sternberg? demande Jean-Batiste Thiérrée. -Depuis deux ans, je lui écris des petits mots sur mon blog! - Lui qui avait si peur de la mort, depuis le temps, j'espère qu'il s'y est habitué!"
Je lui rappelle de Woody Hallen: Je n'ai rien contre la mort, mais je préfèrerais ne pas être là quand elle arrivera!

mardi, novembre 04, 2008

La masochiste psychique

Telles ont été taxées par le psy de service chez Mireille Dumas, deux femmes si différentes que Françoise Hardy et Mylène Demongeot: Masochistes psychiques, vous vous effacez derrière le dos de vos hommes! 20 ans pour l'une, 35 ans pour l'autre, c'est une paye avant que de vivre pour soi!
Et Pierre Palmade l'homosexuel qui dit avoir vécu la même soirée pendant 15 ans en ramassant chaque soir un autre garçon.La pleine lune et le soleil qui vous traversent de leurs rayons, c'est la même image d'ectoplasme!
Quand au médecin assassin qui a drogué (....)comment se fait-il qu'il ne soit pas radié
par ses pairs ou mieux emprisonné.
C'est l'oeil et le sourire qui sont assassins chez Christian Clavier

Film flamboyant sur sa vie et son oeuvre Les Plages D'Agnes


Date de sortie : 17 Décembre 2008
> Toutes les sorties de la semaine
Réalisé par : Agnès Varda
Avec : Jacques Demy , Agnès Varda
> Tout le casting
Durée : 1h50min
Pays de production : france
Titre original : Les Plages d'Agnes
Distributeur : Les Films du Losange
En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Varda invente une forme d’autodocumentaire. Agnès se met en scène au milieu d’extraits de ses films, d’images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages. Une femme libre et curieuse !

jeudi, octobre 30, 2008

L'emmerdeur

L'emmerdeur
Version originale en français Genre Comédie Origine France Date de sortie au Québec
13 mars 2009 Réalisateur Francis Veber Acteurs Richard Berry, Patrick Timsit, Pascal Elbé, Virginie Ledoyen, Laurent Paolini, Cédric Chevalme, Laurie Lefret, José Paul Scénariste/Écrivain Francis Veber Producteur lPatrice Ledoux

Deux chambres d'hôtel contiguës.
Dans l'une, un tueur, Ralph Milan. Dans l'autre, un suicidaire, François Pignon.
Pignon a un chagrin d'amour. Ralph, un homme à abattre.
Entre les deux chambres : une porte de communication.
Et quand elle s'ouvre, Ralph, la machine à tuer parfaitement huilée, voit débarquer l'énorme grain de sable qu'est François Pignon.
Pignon qui mérite sans discussion le titre de champion du monde des emmerdeurs...

On veut bien rire dans un fauteuil, les gags menés klaxon de police tambour battant sont téléphonés, manque la dimension poétique qu'en avait donné Jacques Brel.

mardi, octobre 28, 2008

Paris la libre!

Il n'y a qu'à Paris que je me sens libre d'aller-venir, triste ou gaie, repue ou maigre, sale ou parfumée, personne ne trouve rien à y redire, tout le monde s'en fout, aucun compte à rendre, même pas à ses proches, c'est d'un oxygène! Peut-être suis-je quand même jalouse de la femme de 96 ans qui s'est envoyée en l'air sous l'aile d'un parachute à plus de 3000m d'altitude, comme quoi j'ai encore à faire!

mercredi, octobre 15, 2008

Il y a du mieux dans l'air, les feuilles d'automne éblouissent les trottoirs parisiens

Si ce message ne s'affiche pas correctement cliquez ici

Enfin en ligne !!!
Voilà 1 mois Off-Courts se terminait en fête.
Durant 10 jours, chacun a pu laisser aller ses pulsions créatrices dans le cadre des Labos Numériques.
Et bien, ça y est… L’ensemble des films, photos et musiques qui a vu le jour est maintenant disponible sur notre site à la rubrique multimédia.
55 films kinos, une sélection des meilleures photos de Tristan, Pierre et Grand A, mais aussi des clips vous sont offerts pour que chacun puisse en profiter librement et à son rythme.
www.off-courts.com/vidéo/kinos.html

Bazzart
À Québec, Claire Goutier et son équipe travaillent encore comme des damnés !
En effet, c’est le 7 novembre que va être lancé le nouveau numéro de Bazzart spécial Off-Courts.
Ce joyeux magazine culturel québécois qui aime bouger et toujours à l’affût des choses qui bougent était présent à notre dernière édition pour suivre ce qui s’y passait.
Comme d’habitude, le numéro de novembre / décembre sera accompagné d’un DVD.
À lire, à voir et à écouter… Voilà qui nous plait !
www.bazzart.qc.ca

Revue de presse
Il semble bien que notre travail porte ses fruits et que notre action suscite de l’intérêt, puisque cette année encore la couverture média a été un peu plus importante : France 2, France 3, Canal +, ShortsTv, TPS et bien d’autres encore se sont déplacés. Des vidéos seront très bientôt dispos.
En attendant, c’est la revue de presse écrite 2008 qui est en ligne sur notre site.
www.off-courts.com/presse/presse.htm

Préparatifs !!!
Nous allons vous en parler régulièrement, mais c’est maintenant que commence la préparation d’un événement très important pour nous (et pour vous nous l’espérons) : La 10° édition d' Off-Courts Trouville.

De nombreuses surprises au menu à découvrir
du 4 au 12 septembre 2009 !=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257290591432771570" />

mardi, octobre 14, 2008

Théâtre du Temps Le Shagha Marguerite Duras

Le Shaga a été créé au Théâtre Gramont, le 5 janvier 1968, par Marie-Ange Dutheil, Claire Deluca et René Erouk, dans la mise en scène de Marguerite Duras, après cinq mois d'un travail exceptionnel qui a permis à la pièce de se développer et d'atteindre son accomplissement au fil des répétitions.


"J'ai apporté aux répétitions des canevas. Je fais, je défais, refais à mesure. J'ai l'impression d'avoir écrit une pièce, mais eux en ont appris cinq ou six " disait Marguerite Duras.



Dans Recommandations aux comédiens, elle écrivait cette phrase prémonitoire :
"Si la pièce doit agir dans le sens que je souhaite, ce ne sera peut-être pas tout de suite. Faites votre travail."


Extraits d'une répétition, septembre 1967, Neauphle-le Château (transcription de Claire Deluca) :

"Nous ne savons ni vous ni moi ce que vaut la pièce. Personne ne le sait. Vous vous lancez dans une aventure. Il faut l'assumer ou non. Si vous l'assumez, vous l'assumez à fond ou vous ne le faites pas. Vous comprenez ce que je veux dire? Bon.
Dire ce qu'est ce théâtre, je ne le sais pas moi-même qui l'ai écrit. C'est un théâtre tout à fait naissant, instinctif, qui a cette qualité première d'être, de commencer quelque chose.
Au fond de tout ça, il y a une intuition de l'absurde. Cela se place au niveau du langage. Ce sont de gens qui parlent et que la parole entraîne. Qu'est-ce qu'ils ont en commun? Une certaine folie.
Ils s'amusent énormément tous les trois. Ils sont impudiques et gais. Il y a dans tout cela une gaîté essentielle, un pessimisme très joyeux, un pessimisme qui a le fou rire. Leur mystère c'est cette faculté fantastique de fabulation qu'ils ont. D'où ça vient, ça? Si vous savez d'où ça vient, vous ne pouvez plus le faire"

M.D.

En 1978, elle dira, lors d'un entretien avec Lucien Attoun :

"Le Shaga est la chose la plus folle que j'aie jamais écrite.
C'est la négation du langage, c'est-à-dire qu'à partir du Shaga tout est remis en question, les mots les plus simples, les situations linguistiques les plus simples. La chose principale, c'est que c'est le langage le plus courant, le plus habituel, le plus concret et le plus quotidien qui est remis en question.
C'est une pièce ardue, une pièce sur le refus.
Il y a une provocation. Lorsqu'on attaque une institution, même celle du langage, on est dans la subversion. C'est une transgression, Le Shaga. Les gens ne sont pas assez libres avec le langage. Les gens sont englués dans le mode de se servir des mots.
C'est ardu à force de simplicité, à force de lisibilité"

QUELQUES AVIS SUR LE SHAGA

«Sorte de "happening". Théâtre en mouvement constamment recréé par la fusion fantastique entre les comédiens et l'auteur. Un théâtre d'une telle nouveauté qu'il s'affirmera nécessairement. Le rire provoqué ici par un humour sans cesse présent est, pour moi, de cette qualité qui doit être celle du théâtre moderne. »
Nathalie SARRAUTE

« A grands éclats de rire, de poésie et d'innocence souveraine, Le Shaga abat les murailles de mort. Duras est bien mieux que d'avant-garde : très loin en avant de tout et déjà à l'air libre.» . Claude ROY

Paru dans La Croix du 3 novembre 1978 :
« Ce triomphe de l'illogisme et de l'incompréhensible, c'est la revanche de l'absurde. On ne comprend pas, mais on rit ; on ne comprend pas, mais on aime…»
Dominique QUINIO


Interview de Claude Sarraute publiée dans Le Monde du 6 janvier 1968 :
« Le Shaga est une langue qui n'existe pas, que j'ai inventée. Je suis partie de mots cambodgiens, siamois et malais et j'en ai inventé d'autres.
C'est moins facile qu'il n'y paraît.»
Marguerite DURAS


THÉÂTRE du TEMPS
9 Rue du Morvan, Paris 11e
Métro Voltaire

lundi, octobre 13, 2008

Je suis!

Un appel sur l'interphone: "Qui c'est?- Je suis!" (C'est mon amoureux, c'est si charmant son Je suis! au lieu du sempiternel C'est moi!

Le Shaga

Dimanche, jour de marché

Sachant qu'il ne vont pas acheter, le regard des passants effleure à peine les livres en continuant à marcher, il ne lèvent pas le nez sur moi, histoire de voir la tête de l'auteur.
Un clodo s'attarde, canette de bière à la main, il fait des gestes expressifs avec, aux dessus de mes couvertures. 20 ans de rues, ça ne se décrit plus, d'Amsterdam à Paris en passant par Dieu sait quel pays où l'on touche au pétard avec des séjours derrière les barreaux. Il veut tailler une bavette: "Aucun intérêt des écrivaillons de la vie courante! (sic)- Laissez moi travailler!- Faites pas la gueule!"
Un autre ma raconte garder une dame âgée qui se plaint tout le temps de ses bobos, son amie lui réplique: "Tu es une jeunette, tu n'as que 80 ans, tu verra quand tu en aura 100ans.
Une femme toute de grège vêtue lit l'affiche et me lance: Je ne vous connais pas!- (Moi non plus, je ne vous connais pas! avais-je envie de lui répondre, mais je n'ai jamais répliqué par une insolence à une grossièreté, ce n'est pas mon truc).- Tout est autobiographique? - Oui!- Même Maupassant racontait ce qu'il avait vu! rajoute t-elle"
Juste face à moi, sur l'étal, j'aperçois l'album d'Eugène Chaplin: "Le manoir de mon père".