mardi, octobre 26, 2004

Fantôme Malcom x Mairie du 3 Arsène Lupin Marguerite Duras JC Drouot+Topor l'Huma Paris idyllique La Vieille Fille Les Virtuoses

10/22/2004 Le Fantôme D.Blanck

"Je n'ai pas mangé d'ail, je le jure!" Toujours différé ce rendez-vous avec l'oncle fantôme qui voudrait changer de vie.Le ciel est si bleu que l'oeil est ébloui.


10/18/2004 Malcom X D.Blanck

Toujours cette force du cinéma américain, la sincérité. Quelque soit le sujet, il fait son auto- critique sans en édulcorer la violence, l'abjection, nous n'en sortons pas sali mais régénéré par la lucidité. Je n'avais pas vu tous ces films: Malcom X, Bad Lieutenant, Beauty América. Le petit déjeuner offert par une équipe de charmants garçons à 5h du matin fût copieux, histoire d'aller au lit le ventre chaud, ce qui m'a permis de m'endormir telle une marmotte tout le dimanche d'autant que la température dans mon grenier n'affichait que 15 degrés.



10/16/2004 Mairie du troisième D.Blanck

J'ai beau faire la jeune, une nuit blanche, fut-elle américaine, embrouillasse mon organisme. Les films sont tellement forts que je n'ai pù m'assoupir une minute, bien que l'air de la salle des Fêtes soit confiné. Le gigantisme de cette Nation n'a de comparaison qu'avec l'énorme paradoxe que constitue son puritanisme ambiant et une totale liberté d'expression. Je vais tenter la deuxième nuit.Dans Citizen Kane il m'a semblé qu' Orson Welles avait la même beauté trouble que Marlon Brando, les deux personnages sont aussi mégalomanes et déchirants.


10/15/2004 Arsène Lupin D.Blanck

En avant première à Trouville, Normandie oblige, Maurice Leblanc a vécu à Rouen, Arsène Lupin moderne à l'air d'un mauvais garçon vulgaire. A part ça, cela se regarde comme un James Bond rapide, belles images et sauts du héros dignes des films de kung-fu. L'ancien, celui de Molinaro a le charme de ses interprêtes de l'époque 62: Jean-Pierre Cassel voleur virevoltant en danseur de claquettes, Jean -Claude Brialy joue de l'insolence d'un nanti et Françoise Dorléac est fine mouche dans un rôle d'une journaliste. Les deux versions font la paire avec ce pont de quarante-ans.Je ne m'en tiens pas là! Je rentre à Paris pour voir les Nuits Américaines à la Mairie du Troisième.



10/12/2004 Marguerite Duras D.Blanck

Chaud devant! Vingt minutes avant la projection de "L'Après Midi de Monsieur Andesmas" la salle est pleine, on refuse du monde, idem le lendemain pour la pièce jouée au Roches Noires"Savannah Bay" Marguerite Duras fait recette, d'autant que c'est la municipalité de Trouville qui nous offre à boire les paroles de cet écrivain. Duras est l'objet d'un véritable culte, quand j'ai dit que je ne comprenais pas:"C'est parce que vous n'avez pas lu le livre! Depuis, je m'efforce de voir, et bien m'en prend, je finis par subir l'effet hypnotique de ces glissements de phrases devant un décor immobile mais combien riche, la mer, le vent dans les arbres. et ces acteurs dans une posture figée lourde de sens, et qui interprêtent chaque mot avec une intensité digne d'une tragédie, digne du talent de Michel Bouquet et de Mioumiou. Tout cela sent la ficelle, celle que Marguerite tire d'une pelote faite avec tout un fatras accumulé par une culture mêlée à son intelligence et son don de manipulatrice. Il existe des magiciens, c'en est une! On a beau imaginer que c'est truqué, le spectacle existe. Je m'endors de moins en moins, ce qui veut dire qu'en connaissance de cause, je deviens une spectatrice active qui participe au sujet.



10/8/200 Jean-Claude Drouot et Roland Topor D.Blanck

Au théâtre du Rond-Point, Jean-Claude Drouot me fait remarquer qu'il donne ses représentations avec les stagiaires de l'Adami dans la salle Roland Topor. C'est une coincidence, dont une autre il y a des années: je lui avais offert un dessin de Roland. Un arbre duquel sort à la cime une tête d'oiseau. Sa femme Claire avait dit: "On a dù couper l'arbre du milieu du parc, tu viens de le remplacer!Enfin nous rencontrer entre retraités au matin dans une projection privée du dernier Chabrol. Cela sert à ça, voir qu'on est bien vivants.Et chacun de repartir vers ses occupations, jusqu'à quand? Je reprends le train pour les journées de Marguerite Duras à Trouville. J'explique à René Quinson que le train aller-retour vaut un déjeuner que je prends au restaurant seulement si l'on m'invite. C'est mon luxe, ma mobilité.



10/6/200 Fête de l'Huma D.Blanck

Josette, Emile, Emmanuel et les autres sont d'une incroyable affabilité contre vents et marées, devant un verre où lors d'une grève.Bien que n'ayant jamais emboîté leur pas, j'admire la santé des militants dans l'urgence et la convivialité. La Fête de l'Huma est pour moi "Noël": cadeaux de sourires plein les bottes enluisées par la pluie. Les convictions sont profondes et le regard clair, tel celui des aventuriers du lendemain.Oui! Je regrette toujours de louper ces jours de partage "La Fête de l'Humanité". Vive l'année prochaine!


10/4/2004 Paris est idyllique D.Blanck

Marcher le long du Canal Saint Martin rend Paris idyllique le dimanche après midi par beau temps. Plus de badaux que d' autos, de marmots que de vélos, c'est un sentiment de liberté comme après une guerre, la rue est douce, les jeux simples, l'animation par les jongleurs, rétro.Bertrand Delanoé a fait une prestation intelligente, sensible et sincère à l'émission de Michel Drucker.Cela fait du bien de ne pas voir ces pauvres invités maltraités et passer une heure à se défendre d' un certain animateur qui a l'air d'un roquet qui ne laisse pas son os au chien.



9/23/2004 La Vieille Fille D.Blanck

" La Vieille Fille" de Jean Pierre Blanc a vieilli. Les annotations sont amusantes mais poussives. On nous rappelle qu'Annie Girardot était jolie et très bien faite et Philippe Noiret touchant de maladresse. Personnellement j'ai eu du plaisir à revoir tous les comédiens que j'avais entrevus à l'époque , cela à l'air d'avoir été tourné en famille.


9/22/2004 Les Virtuoses D.Blanck

J'ai hoqueté de pleurs au film "Les Virtuoses" Ces mineurs qui maintiennent la fanfare malgré que leur usine soit fermée, afin de faire un dernier plaisir à l'un des leurs qui va mourir de silicose, est bouleversant, en plus ils jouent comme seuls des gens totalement désespérés peuvent jouer, avec toute leur âme.Rufus au Rond Point reprend des sketchs de plusieurs humoristes, malgré son talent, me manquait le physique des Coluche et autres...

samedi, octobre 23, 2004

Le pas

Un petit pas chaque jour, le goutte à goutte, cette science orientale: la patience. Un homme vient de dire: " Je ne suis pas souvent en colère, alors je suis rarement malade!". La médecine chinoise fait rêver.

géographie

Ma géographie sentimentale: A Paris, je ne vois que des hommes, à Trouville que des femmes. Je ne suis dans le lit ni des uns ni des autres. Ma tendresse va au sexe faible, je parle du masculin, et mon admiration aux vieilles dames pleines d'énergies. Adieux bistrots, cinés, chambres d'hôtels, restent les cafés philos, piscines et autres entretiens pour tenir bon la rampe. J'aimerai un mix des deux genres ensembles, mais la carte du tendre ne se plie pas comme on veut!

Le piano

Parmi la pléiade de musiciens un pianiste décolle, Jonathan Bénichou. Il joue tellement inspiré, que lorsqu'il s'arrête les mains en l'air, le public reste suspendu le temps que l'artiste revienne sur terre. Alors, les applaudissements pleuvent.

jeudi, octobre 21, 2004

Le bon plan

Le bon plan c'est de pisciner rue du Renard, acheter son goùter et avaler son yaourt dans le square du Temple, puis venir se laver les dents dans le local Numérique au 60 Rue de Bretagne, juste en face du Franprix duquel on ramène ses courses, avant que de prendre ses emails. Ce sont des après-midis parfaitement remplis pour une retraitée sans le sou. Il n'y a que la mairie de Paris qui offre ces possibilités, avec le plaisir, grâce à Michel Chaudanson, chaque jeudi, d'une cinémathèque de qualité. Comment expliquer au provinciaux que depuis trente ans je ne me décrasse pas de la Capitale malgré la pollution du bruit. Ici, je navigue à vue, sans le caquetage des histoires de clocher, c'est d'un spleen reposant, sans l'adrénaline sécrétée par la méchanceté lorsque l'on est sur la défensive.
J'ai toujours dit que Paris était une ville pour les chomeurs où les touristes, chaque pas permet d'avancer vers...Il suffit d'avoir le temps! Un trop plein de vacuité fait peur aux carrièristes, mais si l'on fait abstraction de cette courade, chaque pavé nous parle.

mardi, octobre 05, 2004

Le gris

Que faire d'une journée grise sans se calfeutrer? Aller boire un coup avec des amis en allant au bout de la ligne de métro, Porte de Vanves. Cela me fait penser qu'après, je risque la prison si je me fais ramener en voiture par quelqu'un qui sera bu. Je n'ai jamais osé protester les nombreuses fois où j'ai voyagé avec des copines alcooliques. Me sentant en danger, je me disais que c'était mon problème de finir avec elle sur la chaussée. Maintenant, gare à la loi si l'on ne dénonce pas le futur chauffard d'hypothétiques victimes.

samedi, octobre 02, 2004

François Truffaut

Hier soir sur Arté, portrait de François Truffaut à travers ses oeuvres et ses interprètes. Ce qui surprend c'est la fraicheur et l'intensité du personnage comme s'il avait su qu'il aurait peu de temps pour s'exprimer.
J'avais passé une audition pour Daniel-Valcrose des fois qu'il n'aurait pu se payer Anouck Aimé. J'ai donc joué dramatique. Mais entre temps, c'était un éventuel remplacement de Bernadette Laffont , pour les mêmes raisons financières, ce dont on ne m'avait pas prévenue. Le metteur en scène m'a dit:
" Mais c'est la Bérésina que tu me joues!
Pour mon malheur, Truffaut était sur le plateau, or j'avais rendez-vous le lendemain avec lui pour un essai de "Tirez-sur le pianiste"
A la production, lorsque j'ai été annoncée, il ne savait pas que la porte était ouverte.
" Ah! Non! Celle-là, je ne veux pas la voir!
Durant dix ans, il n'a osé me saluer dans la rue, préférant changer de trottoir.
A un festival de Cannes, lors d'un diner officiel, j'étais exactement attablée en face de lui qui piquait le nez dans son assiètte. Afin de le dégeler, je lui ai demandé de me prêter sa belle écharpe blanche car il faisait frais. Un journaliste:
"Evidemment vous vous connaissez?
-Bien sûr, dis-je, je suis la plus mauvaise comédienne de Paris!
- Ah! Non! répliqua t'il. Il y en a une autre! C'est ... Elle vient aux auditions avec les photos de ses copines.

Autre incident à Deauville cette fois au diner de fin du festival: Henry Chapier qui regardait de droite et de gauche, m'ignorant totalement, dit à René Quinson qui m'avait invitée:
" Il n'y a que des ringards ce soir, dans la salle!
- Pourquoi ne me regardez-vous pas? La plus ringarde est juste en face de vous

mardi, septembre 28, 2004

La Toussaint

Je tousse, donc c'est la Toussaint, dans un mois! Même les trouvillais sont frileux pour sortir. Le gris sied au port, la brume sied au visage, et le long imper donne l'allure au pas.

Cosette Martel nous a parlé avec émotion de Roland Bartes, elle fut l'une de ses élèves préférées. elle déboule sur les mots comme un jeune chien, il faut suivre.

15 euros l'heure de pose. Multipliée par deux la séance, y a t-il de quoi se déplacer à l'autre bout de Paris? Le temps des modèles n'a pas changé. Je m'efforce d'accepter tous les deals, juste un prétexte à lever le pied, mais là, ce serait de la régréssion.


vendredi, septembre 10, 2004

Kino Labo

Le Kino labo nous a offert un festival dans le festival, un véritable feu d'artifice qui a duré plus de deux heures. C'est surprenant le talent des jeunes Québèquois dans l'humour noir et le surréalisme. Ils devaient filmer, monter et mixer dans la même journée des courts, aussi concis qu'une nouvelle en littérature.
Je suis très contente d'avoir tourné pour eux le spot de démarrage avec monsieur le Maire Christian Cardon. Quand j'ai dit à celui-ci:
" Ils auraient pu vous trouver une femme plus jeune! Il m'a répondu galament.
- C'est à voir, avec l'image!
Personne n'a envie de quitter ce lieu pour aller voir en face, au Festival de Deauville. Un trouvillais a même dit devoir traverser le Pont des Belges, mais juste pour venir de la gare à Trouville.
Nous sommes vendredi, encore 24h d'ambiance festive, peut m'importe le résultat, de toute façon, à La Nuit du Court, les films projetés, ce n'était pas mon choix. Mais je suis époustouflée de l'énergie que dépense toute l'équipe de Vincent Wallard et Samuel Prat pour l'organisation et l'animation de ce festival, ils sont sans failles et dans la bonne humeur. Il faut dire que la troupe des cinquante Québèquois invités avec leur accent, donne une tonalité très colorée.

mardi, septembre 07, 2004

off-courts Trouville

"Tu n'a qu'à trainer, rien de formel, aucun rendez-vous de prévu...
Je traîne, un spot publicitaire de 30 secondes avec monsieur le Maire pour l'ouverture. le repas était à la fameuse table de Trouville La Renaissance, et deux heures de conversation à bâton rompu avec un homme charmant et disert.
Grégoire est passé entre un accrochage de collage à Honfleur et Paris, il est beau.
Le cinéma canadien navique entre un archaisme de terroir et la proximité de l'amérique pour la modernité. Cela donne un coktail surréaliste qui n'est pas pour me déplaire, beaucoup de pataphysique dans le sujet des scénarios, avec un air d'ange naif, ils n'ont pas la trentaine et ne sont pas des cinéphiles aguerris.
Quand à l'accent, je ne comprends que le tiers, heureusement ils parlent beaucoup par méthaphores, les images sont drôles, on a l'impression qu'ils ont tous le sens du comique

Dorothée, Grégoire et Samuel Prat

mercredi, septembre 01, 2004

septembre

Toujours le miracle des arrières saisons, la douceur du temps, un soleil qui avait fait la nique aux vacanciers nous revient.Il est teinté de la nostalgie d'un avenir pas très brillant. Quand on pense aux pauvres bouts de choux coincés derechef durant huit heures par jour dans les écoles! J'ai toujours dormi tout mon soul, l'on dit que je ne suis pas structurée par manque d'éducation. Le terrorisme du savoir, j'en vois les dégâts sur d'ex enseignantes stressées comme des punaises de sacristie. Elles portent haut la parole, manque la culotte à la bannière.
Personne n'a réussi à me sortir de mon lit avant mon heure, mais une fois réveillée, je vaque subrepticement à plusieurs disciplines, si bien que m'apercevant par hasard: "Tiens! elle travaille!"

mardi, août 31, 2004

Fin des vacances

Septembre a perdu l'arrogance du mois d'août. Les enfants s'ébrouent plutôt en piscine que de se faire sécher au vent des plages. Je suis tellement ramollie de n'avoir pensé que natation, marche, informatique et télé, que je n'ai plus le courage de prendre le train pour chercher mes vêtements à Paris afin de me présenter "chic" à La Soirée Spéciale Normandie. J'espère rencontrer des Québécois, j'aime leur cinéma, chaque année je visionne tous leurs films.

Quelque soient mes interlocutrices, de me savoir actrice et encore en selle, elles pimentent leurs bavardages d'analystes sauvages de petites flèches qui m'empêchent ensuite de dormir. Je n'ai pas l'esprit de répartie, alors je refuse catégoriquement de m'exposer à leur leugorrhée fut-elle intelligente,elles en sont fâchées.Le narcissisme du petit et sans grade est plus dévorant que celui des gens mis en lumière. Soit on vous lacère, soit on ignore que vous puissiez monter sur une estrade.Ce n'est pas à la critique que je serais confrontée, c'est au jeu de "Je t'ai pas vue! Je t'ai pas lue! C'est pour cela qu'il ne faut pas que je sois moche, dans la rue.

Walter ne m'a pas oubliée, notre revoyure n'est que différée. Quand à JS. il pleure au téléphone de ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre.
Il y a eu un article sur l'égérie de Pasternak, laquelle lui a inspiré le personnage féminin du "docteur Jivago" Vu le succés mondial du roman et du film, c'est elle qui a payé pour lui en étant internée durant des années dans un camp. Et lorsqu'il est tombé malade, elle n'a pu le voir, n'étant pas sa femme légitime.

jeudi, août 12, 2004

Trouville

Entre Trouville et moi, c'est un long flirt tranquille!
Rien de formel, pas de rendez-vous avec quiconque, je ne sais sur quel pied danser. J'irais, comme les autres années, seule, voir les projections des courts dans les petites salles. Je naviguerais à vue, si une rencontre se fait, tant mieux!

Lourdes

Notre pauvre Pape si délabré sera reçu tel un simple pélerin, à ceci près que ce sont les autres pélerins qui devront mettre la main à leur poche pour sponsoriser le pélerinage du Pontif avec son staff, de Rome à Lourdes. Le Vatican aurait-il perdu la Foi?

lundi, août 09, 2004

Jeudi

C'est le creux de la semaine, pas véritablement de chose à faire à par écouter ce soir les jeunes musiciens. Le soleil ne darde plus ses rayons, on repose, il attend le week-end pour séduire à nouveau.
J'ai le sentiment d'une vie citadine lorsque je vais à un webbar relever mes emails, lesquels ont pris la route des vacances, plein de virus se baladent.
A propos de virus, nous détenons le pompon à Paris pour celui du Sida, un tiers sont des femmes infectées.
Elles ont tellement peur d'acculer leurs maris à avouer les avoir trompées qu'elles n'exigent pas le test. Et beaucoup espèrent accrocher un partenaire en n'exigeant pas de préservatif. Moi je rêve de sexes inconnus, mais dans les rêves ont n'arrive jamais à la conclusion. Pauvres de nous!

lundi, août 02, 2004

l'autobus

L'autobus n'avance plus, une benne décharge de lourds paquets. le treuil se balade dans le vide ratant toujours sa cible, ce qui fait dire à un collègue du conducteur:
"Ils ne savent pas travailler, ils vont mettre une plombe! Le français ne veut plus travailler, alors on engage des non- professionnels!
Petit à petit l'autobus se vide, les gens courant après leur train vont à pied en direction de Saint Lazare, avec leur valise à roulettes.
" Si vous nous voyez sur votre chemin, vous vous arrêterez?
- Bien sûr! dit le jeune conducteur fataliste.
Il ne peut tourner à droite sans risquer d'embarquer l'échafaudage d'un immeuble tellement la rue est étroite, ce qui bloque tous les automobilistes derrière nous.
Toujours le collègue qui commente en ponctuant chacune de ses phrases d'un clin de son oeil clair. Il a un accent du Sud.
" Moi non plus je ne travaille plus depuis trois ans, après trente sept ans de loyaux services, je devenais voyou, envoyé chez les fous, ou je me suicidais. Il n'y a que l'argent qui compte, plus le savoir faire.
Une dame qui comme moi était restée tranquille:
"Moi, je suis vieille, je suis assise et je ne bouge pas!
- Vous êtes donc à la retraite? lui demande le bavard.
-Comment vous l'avez devinez? J'ai l'air d'avoir l'âge de la retraite?
- C'est limite, lui dit gentiment le monsieur en me faisant force clins d'oeil.
- Eh! bien, monsieur, j'ai quatre-vingt-sept-ans!
-Oh! Je vous en aurais donné soixante et onze, avec le sourire!
- Ah ça oui! Malgré des épreuves terribles, j'ai toujours gardé le sourire, ça ne sert à rien de pleurer!
Nous n'étions plus qu'une demi-douzaine dans le car, à espérer qu'il redémarrerait bientôt. Lui, toujours regardant le rytme des ouvriers, voulait entamer un forum politique:
"Vous allez voir! Si les personnes âgées préfèrent partir alors qu'elles ne sont pas malades, c'est qu'elles ne veulent pas voir ce qui va arriver. Pourtant la DST le sait ce qui va arriver, mais ils ne disent rien, ça va être terrible. Economiquement c'est affreux ce qui se passe en France.
-Nous ne sommes pas si pauvres! Nous avons du pain, de l'eau à boire, c'est la vie l'eau! Beaucoup de pays n'en ont pas! dit la petite vieille.

Comme j'avais pris beaucoup d'avance, je n'ai pas raté mon train.

mardi, juillet 20, 2004

J.S

JS m'a enfin téléphoné:"Je suis pieds et poings liés par ma femme , mais vous êtes toujours dans mon coeur!" Je ne lui ai pas répondu "Cela me fait une belle jambe!"

Je cherche du travail, une raison de rester plus là qu'ailleurs.

La mauvaise humeur est contagieuse, la bonne aussi, il faut juste être au carrefour au bon moment.
On attend les jours de marché, papoter entre deux légumes.

Ayant eu des nouvelles de JS, je me suis inquiétée cette nuit de R.Q Nous sortions d'une projection avec deux jeunes de ses amies. Il avait un malaise, j'ai voulu le faire s'étendre dans ma chambre mais il manquait une marche à l'échelle faite de planches, à mi chemin. Courbé en deux tel qu'il l'était , il ne pouvait franchir cet obstacle. Alors je l'ai couché dans la cour qui était pleine de gens, lesquels n'avaient pas l'air de se biler, un jeune homme qui tenait la loge s'est décidé à appeller un médecin. Je me suis dis qu'il aurait mieux valu faire venir Police Secours ou les pompiers pour le réanimer, il avait déjà la bouche grande ouverte comme s'il ne respirait plus. Mais il a réagi quand il a entendu que les secours allaient arriver.


Je cherche du travail, une raison de rester plus là qu'ailleurs.

La mauvaise humeur est contagieuse, la bonne aussi, il faut juste être au carrefour au bon moment.
On attend les jours de marché, papoter entre deux légumes.

Ayant eu des nouvelles de JS, je me suis inquiétée cette nuit de R.Q Nous sortions d'une projection avec deux jeunes de ses amies. Il avait un malaise, j'ai voulu le faire s'étendre dans ma chambre mais il manquait une marche à l'échelle faite de planches, à mi chemin. Courbé en deux tel qu'il l'était , il ne pouvait franchir cet obstacle. Alors je l'ai couché dans la cour qui était pleine de gens, lesquels n'avaient pas l'air de se biler, un jeune homme qui tenait la loge s'est décidé à appeller un médecin. Je me suis dis qu'il aurait mieux valu faire venir Police Secours ou les pompiers pour le réanimer, il avait déjà la bouche grande ouverte comme s'il ne respirait plus. Mais il a réagi quand il a entendu que les secours allaient arriver.

dimanche, juillet 11, 2004

Paris en juillet

A part qu'il fait froid, les averses sont tropicales, très fortes et très courtes. Une femme :
"Vive la canicule!
-Vous ne pouvez pas dire ça!

Même de Paris à Paris on se bombarde d'émail, histoire de différer la réponse. Toujours la petite protection. Ghislain Cloquet disait de son temps "La bambinette" en parlant des gens fragiles. Il faut que je leur mette une bambinette, sinon ils font pipi sous eux!

Ghislain Cloquet-Robert Bresson Mouchette 196..

Au café des Phares, à la Bastille, les discutions sont nettement plus performantes qu'ailleurs: disparité du public. A l'intérieur il y a des noyaux, de petits clans d'initiés à x philosophes, ça n'empêche que le micro circule, un SDF a sa voix, les étrangers souvent plus cultivés que le parisien, et autant d'hommes que de femmes ce qui est rare dans les assemblées. N'empêche que les quelques ténors fuient dès la séance levée, nous sommes trop de demandeuses, car les plus jeunes viennent accompagnées.

samedi, juillet 10, 2004

Sans anglais, point de salut!

Sans anglais point de salut! Je me déporte d'un webbar à un autre, les systèmes changent, nous n'ouvrons pas les mêmes pages, et mes voisins n'ont pas le language technique pour m'aider à élucider les trous d'ozone. A la FNAC où l'on a vingt minutes pour prendre ses emails gratuits, c'est quasiment en panne depuis un mois: les vacances, la maintenance? Cela me fait traverser Paris à vélo, c'est un but comme un autre. Et cassecrouter dans la rue me rappelle mon enfance campagnarde avec le goûter consommé sur le chemin de l'école. Un noir qui s'occuppe de la sécurité est très gentil avec moi depuis que j'ai ramené un portable oublié dans les toilettes par une jeune fille, elle n'avait pas eu le temps de s'apercevoir de cette disparition: "Elle aurait pù se plaindre qu'on le lui ai volé!

Je ne me décide pas à quitter Paris sans avoir fait le ménage, je vois donc beaucoup de films télé sans que mon parquet en soit plus propre. Comme il vente toujours, les scénarios catastrophes sont mieux amortis par le sommier qu'à se faire battre le visage par la tourmente en bord de mer. Aux actualités ont voit les rivages désertés par les vacanciers. Ah! Humer l'air marin en ciré jaune et bottes de caoutchouc! C'est ça qui est poétique! Point trop n'en faut quand on est déja déprimé, les siens s'en étant allés au loin. Les sangs battus par le mauvais temps seraient-il une meilleure théraphie que l'édredon? Le sommeil m'a sauvée tant de fois, en rendant le temps si élastique que je ne savais plus si j'étais seule parce que je ne voulais pas d'intrus dans mon lit, ou parce que je ne me levais pas.Les lève-tôt qui ont tout à faire le matin, sont-ils plus heureux après avoir passé l'aspirateur? J'ai une amie qui s'isole dans sa cuisine flasque de wisky dans la poche de son tablier de ménagère. Le déjeuner est fameux, elle a pris son temps pour boire en même temps que d'éplucher les légumes. Et les grand-mères qui préparent la tarte, laquelle sera avalée par les petits accros à la télé, en sont-elles moins seules après s'être lavé les mains? Ah! Les villages d'Antan, où les voisins se hèlaient pour une rondelle de saussisson sous un marronnier!Même dans la France profonde les portes se sont refermées, chacun son programme, on ne doit pas gêner alentour. Restent les shows avec écran géant sur le fronton de l'Hôtel de Ville lors de grands matchs de foot, là reviennent les cris d'une liesse populaire. Aucune émotion n'est aussi forte que dans un stade, aucun applaudissement, d'un concert ou d'une pièce de théâtre ne remue les tripes comme la foule en délire d'un succès ou d'un échec collectif. Il suffit d'un mot, d'un poing levé, et vos neurones ne font qu'un tour. Oui! La foule fait peur quelqu'en soit la raison! C'est vous dire que je vais peu aux manifs, je ne sais plus courir.