mercredi, mai 19, 2010


(82)*Mes parents donnent un cocktail dans un autobus transformé en épicerie. Chacun se sert. Il y a aussi des fruits en conserve. Je fais remarquer à ma mère que dans un contexte aussi mondain, son mari n’a pas l’air de connaître ni de courir particulièrement les femmes, à l’inverse de ce que nous imaginions. Sa maîtresse est donc une profession de foi.
Plus tard, je cherche à me baigner. Beaucoup de pièces vides et cubiques à traverser ; au bout, par la porte ouverte, je vois un corps de femme immobile, entièrement submergé. Je crois ma mère noyée.
« Non, qu’est-ce que tu veux ? me demande-t-elle.
- Prendre un bain ! »
Je vide la baignoire, au moment de mettre l'huile de bain, je m’aperçois qu’elle est de nouveau remplie.
Des petites ruelles escarpées ; j’y recherche mon logis mais je n’ai plus la pochette avec mes pièces d’identité, j’ai dû l’oublier au cocktail. Je suis prise dans une rafle ; en attendant le jugement on nous demande de nous mettre dans trois pièces différentes qui correspondent à trois groupes distincts: ceux qui ne sont pas coupables ; les présumés coupables ; ceux qui le sont, ou plaident coupables. Par un choix arbitraire le jury décidera de l’acquittement ou de la peine de mort. Je recherche le local « non coupable » mais une jeune femme, en aparté à son amant : « Avec son corps, elle devrait plaider coupable, elle aurait plus de chance qu’ils ne considèrent pas cela comme de la provocation. » Pensant qu’elle a peut-être raison, je prends le risque de rejoindre les condamnés à mort a priori. Couverte d’un manteau noir discrètement ouvert sur un chemisier ancien, blanc, je lisse mes cheveux plus longs, encore plus longs qu’à l’ordinaire, qui retombent gracieusement le long de mes joues.
Nous passons deux par deux. A l’énoncé de mon nom, Dorothée, un homme me pousse, de pair avec une autre femme, vers une estrade. On se croirait à une distribution de prix dans une mairie. Il y a un petit livre en latin échappé de ma pochette, ouvert au mot « rebut. » Je fais une gracieuse pirouette, reconnaissant l’objet comme étant le mien. Le jury me demande de m’écarter vers la droite.
« Qu’est-ce que c’est, ce côté ? demandé-je.
- C’est en observation pour quelques jours. Vous voyez, il y a une caméra, on va vous filmer et vous garder en observation, avant de vous condamner.»

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